Seaborne - Lustre

Maryse Bernard a déjà reçu les éloges de notre équipe. La gagnante de Planète BRBR à Vancouver dévoile cette semaine le EP issu de sa collaboration avec le producteur et multi-instrumentiste Solomon Krause-Imlach. Le duo, Seaborne, propose une électropop chaleureuse teintée de soul.

Lustre regroupe cinq pièces lumineuses qui revisitent les bases de l’électro pour en garder le meilleur, tout en y insufflant des influences nouvelles. La personnalité des deux acolytes est immédiatement reflétée dans un travail en dualité, en symbiose. La réalisation, le mixage et le mastering étant gérés par eux-mêmes, rien n’est laissé au hasard. Tout provient littéralement de la créativité du duo.

Amour noir

Le dup Seaborne pose sur un fond noir. Solomon regarde vers le bas tandis que le visage de Maryse semble regarder vers l'avant et est éclairé.

Seaborne - Crédit : Lyssia Baldini.

Une exploration intime des relations et une vision noire des choses sont abordées, mais on trouve vite la lueur ou le Lustre (!) dans les thématiques que l’on explore tout au long du EP.

Constellations/Flashes amorce l’album avec des sonorités exotiques propres à une musique du monde et le tout se convertit rapidement en beat électropop un peu lugubre. « I lost myself again. I don’t know here I went. Can you help me find myself », peut-on entendre d’emblée pour donner le ton aux thèmes abordés ensuite. L’idée de « flash » est également bien tangible dans les rythmes électros qui simulent une cadence, un rythme effréné. La voix qu’on entend est sombre, voire suppliante.

Finally demeure dans la lignée synthétique commençant avec des rythmiques électros et la voix de la chanteuse en écho lointain. Sa propre voix est doublée à quelques reprises, donnant l’impression qu’une autre chanteuse se joint à l’ensemble. Moins vaporeuse que la précédente, cette pièce intègre des inspirations plus RnB, ce qui nous permet de percevoir davantage de textures dans la voix de la chanteuse.

I Lose You Lose préserve un aspect plus assumé dans le ton et on observe toutes les facettes de la soul qui s’insèrent dans les couplets qui sont très distincts les uns des autres « One of us always has to lose », entend-on à répétition.

Night Waves revient chercher la part sombre de la première chanson. La voix de Maryse se fait plus éthérée, chaude et profonde. Une complainte synthétique nous happe dès le milieu de la pièce : « Tell me can you hear me whispering your name », invoque-t-on.

La lumière qui vient après

Et c’est la courte Special (Interlude) qui termine le tout où on mise tout sur la lenteur, la langueur et les mots livrés par une voix haute perchée. « I think I’m special babe », affirme la chanteuse en guise de conclusion aux instants amoureux sombres contenus dans le reste du EP.

Au bout de l’écoute, on constate d’abord la versatilité dans les tons qui peuvent être adoptés par Maryse Bernard, mais également, la largeur de son registre en termes de styles. On perçoit aussi la sensibilité de Solomon Krause-Imlach qui s’insère dans les espaces de la voix sans jamais la masquer. C’est un duo qui fonctionne.

Date de sortie : 13 avril 2017.