Tshizimba – player 1. ep

Actif sur la scène hip-hop montréalaise depuis près de cinq ans, le producteur et rappeur Tshizimba sort d’un hiatus de plusieurs mois avec player 1. ep, un honorable sixième projet.

Photo de couverture : pochette de Player 1. ep.

D’origine congolaise, Tshizimba a d’abord fait sa marque comme DJ à son école secondaire, ce qui lui a rapidement donné envie de créer ses propres compositions. Troquant le logiciel Virtual DJ contre le classique Fruity Loops en 2011, alors qu’il était toujours au secondaire, il a pris les choses un peu plus au sérieux l’année suivante en joignant l’équipe du studio No Bad Sound, un lieu d’apprentissage et d’enregistrement initié par des membres de Nomadic Massive au sein de la maison des jeunes de Côte-des-Neiges.

Sur place, il a rencontré le producteur et instructeur Dr. MaD, qui lui a appris à «devenir meilleur» en tant que producteur. Dans la foulée, il a fait paraître sa première beat tape First Class en janvier 2013, puis n’a pas mis de temps avant de plancher sur la suite, Smile Again, publiée six mois plus tard. Moins schématique, Solarium (mars 2014) a permis au jeune producteur de développer un style plus singulier, un hip-hop lo-fi chaleureux aux teintes chillwave et ambient.

Portrait du rappeur Thizimba sur fond blanc.

Tshizimba - Courtoisie.

Très actif au No Bad Sound, Tshizimba a ensuite développé ses aptitudes au micro sur Everything X Alright, un EP plus accessible qui l’a révélé davantage sur la scène rap locale, à l’instar de Summer Heroism, également paru en 2015.

Revenir à la base

Désirant poursuivre sur son élan, l’artiste montréalais a malheureusement dû composer avec un vol d’ordinateur (et, par conséquent, de tous ses beats et projets en cours), ce qui l’a amené à revenir à la base de sa création.

Simple sans être simpliste, player 1. ep suit la tendance minimaliste actuelle, sans s'y restreindre. Imaginatif, Tshizimba sort des lieux communs du genre, en misant sur des arrangements originaux qui s'inspirent de l'univers musical fertile de l'animation et des jeux vidéo.

On décèle d’ailleurs cette influence dans les sons de yungsters, pièce qui ouvre le mini-album. Quelque peu nostalgique, le rappeur de 23 ans se rappelle de son enfance insouciante, avec laquelle il désire renouer. Sur une mélodie blues élémentaire, il pose son flow impassible avec précision.

Exemple probant de ses habiletés de producteur, la suivante love you so repose sur un échantillon soul paisible et langoureux, qui se voit rehausser par une touche de synthés rétrofuturistes.

Progression marquée

Plus mélancolique, sumdays mise sur un rythme imposant, voire instable, qui s’accorde difficilement avec la mélodie froide et quelque peu répétitive. Même effet de redondance sur #4sadboyz, une pièce un peu longue qui renoue toutefois avec l’ambiance chaleureuse du début.

Tshizimba s’offre ensuite une incursion vaporwave plutôt réussie sur galaga, avant de livrer sa composition la plus originale, u+me. Menée par un intrigant collage d’échantillons au croisement du R&B, du soul et du jazz, la pièce illustre le potentiel du producteur.

Même si elle n'est pas encore tout à fait aboutie, la proposition musicale de Tshizimba progresse de façon évidente sur player 1. ep. Prévu pour cette année, le premier album complet, ZER0, sera sans doute à la hauteur des attentes.