20e Francouvertes : préliminaires, soirée 7

À tous les lundis que le bonhomme fait pour le reste de l’hiver pis un peu davantage, du 15 février au 28 mars, c'est la ronde préliminaire de la 20ème édition du concours-vitrine pancanadien Les Francouvertes, auquel ont notamment pris part Eden 106, Michel Robichaud et Chandail de loup. Ci-bas, le compte-rendu de la septième soirée.

Préliminaires de préliminaires : WD-40

Le duo WD-40 performe aux Francouvertes.

WD-40 - Crédit : Jean-François LeBlanc.

La dernière de ces préliminaires de préliminaires s’ouvre avec des doyens, qui ont participé à la deuxième édition, et se sont itou rendus en finale de la troisième, du temps qu’Alex Jones jouait en bedaine avec une pagette. Toujours gréé à la ceinture d’un petit étui en cuir qui n’est pas sans rappeler ladite vétuste bébelle, le bassiste et chanteur de la culte formation country-rock lance un « Bonsoir Montréal, j'aime le yoga » pour y aller d’une nouvelle pièce qui montre un pathos aiguisé en sachant jaser d’amour, pis le feu encore à travers Fantastik Strapagosse, entamée sur un seul pied en bendant ses cordes, pis Enfant de chienne parce que tant qu’à être sur la rue Ontario. Jean-Loup affiche son flegme habituel, Alex offre au grand vainqueur des cours d'harmonica (qu’il compare aux leçons de diction offertes par Raoul Duguay lors de la participation de WD-40 au concours) et pis c’est un go pour la dernière des préliminaires de 2016, qui se trame pas trop loin de l’autel du rock.

VULGAIRE

Le trio Vulgaire performe aux Francouvertes.

VULGAIRE - Crédit :  Jean-François LeBlanc.

En plus d’avoir l’une des propositions les plus typées de la musique franco au Québec, la formation post-punk au catalyseur gothique s’investit dans une mise en scène minimaliste qui la démarque, cachant les visages de ses actants derrière des miroirs (qui ont pour mission augmentée de refléter celui de la foule pour renverser les rôles de la société du spectacle) en présentant des projections d’une qualité deluxe. Joseph Carré, bassiste et chanteur au croon évoquant un Fred Schneider fantomatique, anime autant que les limites de son personnage le lui permettent, mais, les autres membres étant davantage effacés – ce qui cadre avec le genre, nonobstant – VULGAIRE pâtit d’une présence statique contrastant avec la luxuriance synthétique de ses arrangements. Côté composition et direction artistique, ça sort du lot de façon probante et solide, rappelant parfois La Femme, parfois We Are Wolves, mais avec un bruit qui lui est sien.

PONTEIX

Ponteix performe aux Francouvertes.

Ponteix - Crédit : Jean-François LeBlanc.

Nommé d’après une bourgade fransaskoise qui résiste autant que faire se peut à l’assimilation de sa culture, le quatuor (fransaskois via son chanteur, Mario Lepage) offre une dream pop orfévrée au déploiement savant, vaste autant que groovy, complexe autant que colorée, aux textures synthétiques riches et vives et aux mesures atypiques aisément intégrées. On pense ici à un croisement entre Tame Impala, la facette plus atmosphérique d’Animal Collective et, bon, Radiohead aussi, livré avec un aplomb qui donne du tonus même aux moments plus oniriques des compositions. La pop hypermoderne de PONTEIX est au diapason occidental et apparaît comme un jalon efficace de la persistance franco du ROC.

FUDGE

Fudge, cheveux dans le visage, performe aux Francouvertes.

Fudge - Crédit : Jean-François LeBlanc.

Projet réunissant de vieux copains affiliés à ou ayant œuvré autour de Poulet Neige, Fudge livre un rock aux mélodies accrocheuses, aux hooks péremptoires, se réclamant du stoner, mais qui est affecté par une approche un peu trop académique pour un genre qui devrait être davantage gras et éclaté. Capable de mordant (Innocent) autant que de détours prog convaincants (Anges et éthanol, Caller un magicien), le groupe profite de compositions robustement montées. Pis là, scintillant aparté quelques minutes plus tard : les shows sont finis, les demi-finalistes sont dévoilés, les gars de Fudge est du lot, ça jase pis ça se réjouit, pis y a deux messieurs barbus/poilus qui les abordent pour leur apprendre qu’ils songent à les poursuivre, rapport qu’ils ont eu un band prog qui s’appelait Fudge au début des années 90. Ayant apporté la memorabilia nécessaire pour appuyer leurs dires (découpures de journaux et disques compacts), ils seraient repartis avec un email pour tenter de régler ça à l’amiable. Panem et circenses, disait l’autre - tant que personne se fait mal, ajoutais-je.

Au terme de cette septième et dernière soirée des préliminaires, le classement :

  1. Mon Doux Saigneur
  2. PONTEIX
  3. Fudge
  4. Les Passagers
  5. Édwar 7
  6. Caltâr-Bateau
  7. La Famille Ouellette
  8. Sarahmée
  9. Simon Daniel

La semaine prochaine, y a rien ! Vous ferez quoi ? Mais dans deux semaines on vous livre un compte-rendu des trois soirées de demi-finales.