5 artistes à surveiller en 2016

Comme n'importe qui qui est après marcher dans le présent (le présent de fin d'année, celui du mois des listes, comme des listes de cadeaux, des présents, ok juste un = le présent), on checke où on va en regardant par en avant (bon truc). Fait que pendant qu'on s'affaire à clore le passé via la fatalité de calendrier (et à coups de susmentionnées listes, itou), mirons ces artistes qui, le vent bien enligné dans l'oracle, devraient se ramasser une couple de high-fives en 2016.

Les fins, c’est souvent triste, surtout celle-ci, me semble

Je sais pas pour vous, mais à cause de l’absence de neige, j’ai moins pressenti l’aurore de la fin de l’année, pis me semble que le lot rétrospectif qui l’accompagne m’effleure à peine. Pas d’anticipation de faire le point, d’encadrer le zeitgeist, de saisir l’hier pour continuer de faire un petit bout de chemin avec en lui disant que ça s’est pas pire bien passé.

Y a ben des chances que ce décembre chaud pis une certaine apathie se rejoignent dans le baloney du malheur, comme un point de rupture de ce qui nous émeut. Fait que jaugeons l’horizon, vigiles en quête de baume, pour voir se poindre un peu de salut.

Ça va bien aller

Mais saluons d'abord les bourgeons de l'année, les Rosie Valland, IDALG et autres Sheer Agony dont les premiers albums se tramaient depuis un moment, et qui, parus vers la fin de 2015, leur permettront d'éclore encore davantage dans l'an suivant. Des hommages aussi à Safia Nolin et FOXTROTT, dont la gloire était prédite depuis une couple d’années déjà. Puis bonjour à Saratoga et Pandaléon, qui ont déjà un ou deux EPs en besace, ont fait jaser d'eux rien qu'en masse cette année, et dont le premier album viendra en 2016. Pour toutes celles et tous ceux-là, oui, c'en sera une bonne, la prochaine, mais on le sait déjà, ça.

Ça va bien aller. On est toujours ben pas pour laisser tomber le destin. Au pire on lui joue un tour.

Brown

Le père entouré de ses deux fils.

Brown, père et fils.

Ce projet familial au pedigree chatoyant unit les frères Greg « SnailKid » Beaudin-Kerr (de Dead Obies) et David « Jam » Beaudin-Kerr (de Jam & PDOX et K6A) à leur papa, le chanteur soul d’origine jamaïcaine Robin Kerr : dans les bonnes grâces d’avance, donc. Leur premier album homonyme, qui se réclame du métissage en croisant le roots-reggae au dancehall et le rap de l'âge d'or à celui de la new school, paraîtra le 22 janvier sous les étiquettes 7ième ciel, et deux extraits sont déjà disponibles.

Paupière

Les 3 membres de la formation posent devant un poster Vogue.

Paupière - Crédit : Christine Grosjean.

Le trio synthwave chic formé de Pierre Luc Bégin (aussi batteur de We Are Wolves), Julia Daigle et Éliane Préfontaine a lancé son premier extrait Cinq heures il y a à peine un mois, et le buzz est palpable : il a déjà complété une mini-tournée française, et son EP Jeunes instants, disponible le 29 janvier, paraîtra non seulement sous le viveur label Lisbon Lux ici, mais également sous la respectable bannière Entreprise en Europe. Et ce, en pouvant compter le nombre total de ses concerts sur les doigts d’à peine plus de deux de leurs six mains, pour l’instant – présumons que ça n’en restera pas là longtemps.

She-Devils

Les deux membres du groupe posent assises en tailleur.

She-Devils - Crédit : Sarah O'Driscoll

Fort de son premier extrait Come – qui a un quelque chose de lynchéen en même temps qu’adorable - le jeune duo montréalais de pop-exotica hypnagogique formé d’Audrey Ann et Kyle Jukka lancera son premier EP homonyme le 15 janvier, et embarquera le même jour sur une tournée nord-américaine avec Majical Cloudz.

Simon Kingsbury

Portrait de l'artiste, regardant vers le sol.

Simon Kingsbury - Crédit : Laurence et Laurent

Ayant fait paraître un EP en 2011 et participé aux Francouvertes l’année suivante, le chansonnier folk-rock (qui a d’abord fait ses armes avec Lac Estion) aura pris son temps avant d’affirmer son premier album complet Pêcher rien, réalisé par George Donoso III.  Ça sort le 29 janvier avec un coup de pouce d’Ad Litteram.

La Valérie

Portrait de La Valérie sur un fauteuil orange.

La Valérie - Crédit : Jean-Philippe Sansfaçon

Ex-candidate de Ma Première Place des Arts mais autrement nouvelle venue, Valérie de Niverville vient tout juste de faire paraître le magnifique premier EP Quand les vêtements changent, que la collègue Élise Jetté a qualifié de « beau premier pas dans le monde des grands ». De la mélancolie arrangée autant que délicate, paisible et aérienne autant qu’élégiaque, une alt-folk aux relents pop sous une poésie étayée qui paraphrase finement les amours avec des images intactes, qui devrait se faire entendre davantage dans les prochains mois.

Tout ça pour la suite

Du beau et de la déprise. Ça va bien aller. Pis ça va même aller encore mieux, parce qu’il y a des bouts qu’on verra pas venir, et on en sera davantage propulsé, comme des fuck you à l’adversité et à l’abattement. Amenez-en une autre, on est déjà une gang à se dire merci.