Bilan estival 2015 : le meilleur du hip-hop franco-canadien

Retour sur cinq vidéoclips, chansons et albums qui ont été passablement marquants durant les mois de juin à septembre. 

TOP VIDÉOCLIPS

5 : Manu Militari et Souldia – Le Rappel 

Même si sa facture post-apocalyptique rétro-futuriste n’a rien de bien original, ce clip s’avère frappant en raison des deux figures de proue du hip-hop québécois qu’elle met de l’avant.

Plus épurés, les plans sur le toit sont de loin les plus réussis.

4 : 13 Salopards – Flavor

L’esthétique sale du clip sied à merveille aux flows décomplexés des rappeurs du collectif, tandis que la maison abandonnée et défraîchie est une véritable mine d’or de trouvailles visuelles pour le réalisateur MOB.

3 : Eman X Vlooper (avec Papa T) – Tout’Nou

Les couleurs froides s’entrechoquent dans cette réalisation fougueuse de William Fradette, qu’on a déjà vu à la barre de plusieurs clips de Loud Lary Ajust.

L’étrange côtoie la folie à travers un montage rythmé.

2 : Arthur Comeau – Gone West

Entre les plans lents et le montage dynamique, cette réalisation de Mathieu Laprise propose un contraste habile.

Les clichés de l’ouest redneck (les cowboys, les moteurs) se multiplient dans une Acadie aussi flétrie que vivante.

1 : Loud Lary Ajust - Blue Volvo

Réalisé par le souvent génial Martin C. Pariseau, derrière certaines œuvres marquantes de Ryan Hemsworth et Tommy Kruise, Blue Volvo marque un tournant pour Loud Lary Ajust.

Symbole de l’adolescence prolongée des rappeurs, la voiture semble maintenant terminer sa vie, signe d’une éventuelle évolution du groupe. Le tournage a dû être rocambolesque.

TOP CHANSONS

5 : Monk.E, Syme et Le Reptile Rampant – J’ai du soul

Peu importe l’évolution que prend le hip-hop local, une bonne vieille production boom bap pleine de soul aura toujours sa place si elle est bien échafaudée.

Menée par les flows indomptables de trois esprits libres du rap québécois, Monk.E, Syme et Le Reptile Rampant, J’ai du soul réussit son coup.

4 : Toast Dawg (avec Jam & P.Dox) – Johnnés

Toujours aussi efficace, le duo Jam & P.Dox arpente avec une belle folie une productionsci-fi aux mouvances expérimentales.

En faisant allusion aux effets de la drogue, les deux rappeurs s’adaptent très bien aux lueurs psychédéliques qui composent la pièce.

3 : Loud Lary Ajust (avec Shash’U) – Young Summer

Ajust et Shash’U font la paire avec cette incroyable production planante au saxophone proéminent. Nostalgique, Loud raconte l’été de ses 20 ans, alors que Lary enchaîne les rimes salaces.

Comme d’habitude, le contraste fascine. La meilleure chanson de la compilation HHQC : La force du nombre 2, sans doute.

2 : Maxime Gabriel – J.1.V.

«On sait qu’la vie est courte, mais on cherche les raccourcis», clame d’emblée Maxime Gabriel sur cette production hip-hop progressive aux tableaux mélodiques multiples.

Forte d’une construction musicale audacieuse, qui privilégie l’expérimentation au lieu du compromis pop, J.1.V. impressionne.

1 : Dead Obies – Moi pis mes homies

Histoire de faire patienter leurs fans avant leur deuxième album officiel, les gars de Dead Obies ont fait paraître quatre chansons inédites début juin.

Du lot, Moi pis mes homies s’illustre grâce à ses influences south et sa frénésie générale, qui prend une tournure encore plus cinglée en spectacle.

TOP ALBUMS/EPs/MIXTAPES

5 : Never Tête Enough - Sexe, drogue et condiments

Le quatuor natif de Cowansville, Never Tête Enough, poursuit sur sa voie hip-hop délirante avec Sexe, drogues et condiments, un premier album officiel à la direction musicale plus précise et élaborée.

Sans être totalement au point, Sexe, drogues et condiments témoigne d’une amélioration certaine de la part d’un groupe qui, tranquillement, développe une musique plus accessible et digne d’intérêt, de moins en moins uniquement dédiée à faire rire une poignée d’amis sur la brosse à Cowansville.

4: Maxime Gabriel – Farfadet

Au lieu de vouloir plaire à tout prix à son public, composé en partie de fans plus puristes, Maxime Gabriela fait le choix d’évoluer.

En plus de tirer un trait sur son alter-ego Farfadet pour assumer son vrai nom, le rappeur de Saint-Hyacinthe, également compositeur et réalisateur, offre un album à la production audacieuse et éclatée, qui témoigne autant d’un sens de la mélodie irréprochable que d’une imagination fertile au niveau de la réalisation.

En vente sur iTunes.

3 : Le Reptile Rampant – Mr. Rampant

Mélange brut d’échantillons déconstruits de jazz, de funk et de trame sonore de vieux films d’horreur, Mr. Rampantmet en valeur le flow indomptable et ravageur du rappeur et producteur rosemontois.

Même s’il manque de concision, ce premier album solo d’un des rappeurs les plus prometteurs de la métropole vaut le détour.

2 : Toast Dawg – Brazivilain Vol. 2 : Revisité

Concluant, Brazivilain Vol. 2: Revisitéest revu par des rappeurs québécois talentueux qui, généralement, réussissent à s’imposer face à des structures de chanson atypiques, pas toujours faciles d’approche.

Le mini-album réussit sa mission première : mettre en lumière le travail d’un des plus grands producteurs hip-hop de la province qui, sans l’aide de rappeurs déjà établis sur la scène, n’obtiendrait pas toujours un succès à la hauteur de son talent.

1 : Arthur Comeau – Prospare

L’ex-Radio Radio Arthur Comeau renoue avec son hip-hop expérimental sur Prospare, un album qui s’interroge sur la prospérité, autant économique et sociale que culturelle.

Architecte musical fort talentueux (et, surtout, très inspiré), le producteur, réalisateur et rappeur néo-écossais réussit à explorer divers espaces musicaux sans toutefois perdre l’auditeur à travers un délire artistique alambiqué.

Ainsi, avec Prospare, Arthur Comeau poursuit une évolution artistique remarquable.