Charles Garant : Plus indie que nature

Fougueux, désireux de se dépasser, Charles Garant sacrifie le nightlife urbain pour se consacrer pleinement à ses expérimentations de haut niveau dans le sous-sol de ses parents en banlieue.

Photo de couverture : Charles Garant. Crédit : Rosalie Garant.

Après avoir laissé macérer ses chansons pendant plusieurs mois, l’éloquent et ambitieux jeune homme s’est donné pour défi de sortir la suite téléverse finalement The Blurs sur son compte Bandcamp le 30 décembre. Une œuvre aboutie, plus ramassée que la précédente, qui témoigne d’une nette progression tant au niveau du songwritting que de la prise de son. « Mais c’est juste le début », s’empresse-t-il d’ajouter après mon compliment.

On le croit.

Tu viens de sortir ton deuxième LP. Ça niaise pas ! Est-ce tu l’as, lui aussi, enregistré avec Garage Band et faisant tout le travail toi-même?

Comme pour le premier, j’ai joué tous les instruments. Je détiens encore tous les crédits pour cet album-là. Par contre, il y a eu un petit changement au niveau de la réalisation. Je suis rendu avec Logic ! Mettons que c’est un software un peu plus updradé.

L’autre grosse différence avec The Blurs, c’est que j’ai utilisé rien que des vrais instruments. Sur le premier, c’était pas de la vraie batterie, c’était des samples. […] Les deux qualificatifs de ce deuxième album-là : plus organique et étoffé. Les arrangements sont plus élaborés et le son, selon moi, est plus humain.

J’ai remarqué le piano, sur cet album-là. Dans une autre entrevue, tu m’as dit avoir arrêté super jeune. Est-ce que tu as repris les cours ou tu t’y es remis par toi-même ?

Je fais du piano à 4 ou 5 ans et ç’a pas été un vif succès ! Je te dirais que ça fait trois ans que j’ai recommencé. C’est arrivé quand ma grand-mère a récupéré un piano centenaire pogné, à la limite, dans une vente de garage pour une bouchée de pain. C’est ce piano-là que j’ai enregistré Storms et As If Nothing Was. […] Ç’a été, comment dire, un long work in progress pour maîtriser ces morceaux-là.

 

La question qui tue : grunge ou brit rock ?

Brit rock à fond. Le grunge, c’est une esthétique qui est un petit peu moins d’actualité, je dirais. J’adore le grunge, Nirvana c’est toujours un de mes groupes préférés, je m’intéresse beaucoup à l’esthétique, l’aura de mystère qui vient avec et c’est sûr que je ne te dirais jamais que je n’aime plus ça ! Ça fait partie intégrante de mon éducation musicale.

Tu parles du grunge comme quelque chose que tu adores, mais quelque chose qui n’est plus tellement actuel. As-tu l’impression, des fois, de ne pas être né à la bonne époque ?

Je ne suis vraiment pas nostalgique, vraiment pas. […] J’ai annoncé la sortie de l’album la veille. C’est quelque chose que j’aurais difficilement pu faire si je n’avais pas eu l’internet de mon côté. Je suis content de pouvoir bénéficier de cette ressource-là. Le recording m’aurait aussi été moins accessible si j’avais, mettons, vécu il y a 20 ans, mais l’accès à la technologie analogue, qui me plait beaucoup, aurait été plus facile.

Est-ce que tu as des concerts de prévus bientôt ? Je n’ai rien vu nulle part, mais les lecteurs risquent d’avoir le goût de te voir live, t’sais.

Comme j’ai dropé l’album out of the blue, je n’en avais parlé à personne avant. J’ai fait tout ça dans l’ombre. Je commence à envoyer des courriels pour essayer d’avoir des shows. J’envoie le plus de missives possibles. […] Je suis pas mal plus confiant qu’avant là-dedans parce que j’ai 24 tunes dans mon sac. »

The Blurs (Indépendant) est disponible maintenant.