De la langue belle en chanson française, 3ème détail

Depuis une couple d’années (pas mal au ras 2012), on a pu ici constater que la pop française recommençait à s’adonner à la langue nourricière en plus grand nombre, et pis tant mieux. Suite au premier essor de La Femme, LESCOP, Fauve, Mustang et consorts, la swing semble exponentielle, et depuis deux ans, on a tâché ici en 2014 et ici en 2015 d’en répertorier un petit maximum combien non exhaustif mais fiable en capitaine, pour le profit de la découverte et de l’aventure. Voici un an de furetage de plus.

Photo de couverture :  logo Made in France. 

Les incontournables, encore

Encore aujourd’hui, un capitaine de bon point de départ pour toi le scout, ce sont les essentielles compils pop underground de La Souterraine, qui continue d’afficher des mixtapes PCQTV de qualité supérieure, au nombre de 29 dans les 12 derniers mois. On a pu y trouver entre autres les excellents Requin Chagrin, Rémi Parson, Fantôme et 2024, et l’organisation s’affaire aussi à diffuser des albums d’artistes canadiens sur sa plate-forme, nommément Nimbes, Corridor et Renard Blanc.

Dans une avenue un peu plus établie, il y a itou Les inRocks Lab, le portail émergent des InRocks, qui met en vedette à chaque semaine un nouvel et neuf artiste sur le point de s’affirmer au plus grand nombre (ou que c’est parfois même déjà fait, parfois) via la Découverte du lab, et propose aussi depuis peu une liste de trouvailles tout autant hebdomadaire via Ceux qu’il fallait découvrir.

Et pour le punk, le metal, le lourd et l’exploratoire, il y a une excellente ressource en l’émission de radio / blogue Noise R’Us.

Les horizons pop

La pop propulsée par synthèse et de genèse généralement dansable s’établit encore un royaume. Observons d’abord les labels Antinote et Profil de face : le premier a offert les EPs ludico-cosmiques de Domenique Dumont et de Syracuse, et le second les ensoleillés simples/maxis/EPs de Cri d’amour, Vendredi sur mer, DGTO, Bleu toucan et Rise & Fool.

Notons aussi l’encyclopédisme 80s de Fishbach (nouvelle signée sous Entreprise), la RnB christineandthequeensesque de Bessa, les savantes et sensibles dissections de Tonus, les pulsations rêveuses d’Adrien Soleiman et de Ronan Martin, le disco-funk céleste de L'Impératrice, les envolées mgmtesques de  Vendôme, la new wave passionnée de Johnny Tchekhova, pis même un EP collaboratif entre les mini-habitués de Bengale et les Québécois de X-Ray Zebras.

La minimal(e) et la froide

Appendices austères de l’électro-pop, la minimal et la cold wave affichent plusieurs actants, dont on remarque l’acide Ventre de biche, les plutôt mignons et lo-fi Alice Drums, les charmants et prolifiques Galatée, les un ti peu disco dans le mal de vivre Peine perdue, les marmoréens Extravague, les rugueux Blackmail (dont les deux tiers étaient des Prototypes mais on les en excuse), et les hybrides de l’art-rock synthético-psychédélique qu’il faut bien classer quelque part Iñigo Montoya! (qui partagent un membre avec Blind Digital Citizen).

La chanson rénovée

La chanson, elle, se fait oblique, mystérieuse, fantomatique, souvent au reflet des textes. D’abord, un mea culpa pour les indispensables ARLT, qui auraient dû être mentionnés dès la première itération de ce catalogage subjectif. Leur troisième album Deableries est probablement la plus fine parution hexagonale de 2015.

D’autres ballades autant biaises que de qualité sont signées Rouge Renarde, Léopoldine, Gisèle Pape, Laura Cahen, Maud Octallin, Pauline Drand et la susmentionnée Fantôme.

Pour une chanson un peu plus pop, écoutez du côté de chez Alexandre Delano; pour celle à la fois décomplexée, érudite et le sourire en coin c’est chez Le Bâtiment; pour celle poussiéreuse, sombre et nickcavesque voici Les lignes droites; et si l’opéra décalé est votre truc dites coucou à Mathilde Fernandez.

Le croisement d’effluves pop/rock

Sachons d’abord que les ambitieux et exquis Clara Clara livreront un troisième album en 2016, et que leur premier extrait franco en carrière Écran noir est là pour démontrer que ça va bien aller.

En ce qui a trait à la pop garage, les susmentionnés Requin Chagrin frappent juste avec un premier mini-album, et Laure Briard, de son côté, a même réussi à sceller un deal avec Burger Records aux États-Unis, et pis côté punk on peut se fier sur Pierre et Bastien.

L’amplifié, le glauque et l’exploratoire

Essorillez-vous avec la décharge black metal/shoegaze de Déluge, le rock épuré, iconoclaste, nihiliste et cathartique de Bruit noir (dont les deux membres font aussi partie de Mendelson), le post-rock anxiogène de NUE, le rock expérimental no-wavé de Cougar Discipline, le punk thisheatesque de Gabriel Hibert, le punk minimaliste de Bleu Russe, l’érudite et improvisée synthèse rock explo et jazz de Polymorphie, le noise rock d’Exposé, de L’Enfance rouge et de A Snake Of June, pis avec la « transpop prekraut postdisco » des Genèvois Hyperculte. Et n’oubliez jamais que vous êtes des fils du Cobra, surtout.

Autant de raisons pour bien aller, les oreilles au meilleur du mieux, fils du cobra.