Éric Doucet, un musicien dans la lumière

Éric Doucet est de tous les projets musicaux francophones de l’Alberta. Que vous écoutiez Paul Cournoyer, Karimah ou que alliez à Polyfonik, au Galala ou à d’autres activités musicales organisées par le Centre de développement musical de l’Alberta ou le Regroupement artistique francophone de l’Alberta, il y a de bonnes chances qu’il soit dans le groupe maison. Par contre, son nom est rarement mentionné pour attirer les foules. Artiste de l’ombre, il mérite ses lettres de noblesse pour son talent et son dévouement.

Photo de couverture : Éric Doucet. Crédit :  Julianna Damer.

« Pourquoi je m’implique autant ? Par défaut, explique le musicien. Je ne sens pas que c’est une obligation, mais il y a tellement de projets excitants avec du monde intéressant dans la communauté que je ne peux pas refuser. »

Éric Doucet termine ce mois-ci ses études en Interprétation de Piano/Claviers dans le programme de Baccalauréat de Musique Jazz et Pop Contemporaine à l'Université MacEwan d’Edmonton. Ces cours lui ont ouvert un nouveau monde de possibilités. « C’est un programme qui a complètement changé ma vie, constate-t-il. Si j’écoute comment je jouais au début et comment je joue maintenant, c’est fou l’évolution ! Ça m’a aussi permis de me faire un réseau et de rencontrer plusieurs autres musiciens. » Plusieurs artistes de la scène musicale professionnelle à Edmonton proviennent de cette école. En ce moment, ce sont surtout ses projets en anglais qui le tiennent occupé.

Carter & the Capitals

C’est à l'Université MacEwan qu’il a rencontré les membres de Carter & the Capitals. Le groupe évolue dans la musique funk-soul. Il a récemment été accueilli comme le claviériste permanent. « J’ai joint le groupe il y a environ deux ans. Au début, c’était temporaire, puisqu’ils avaient besoin de quelqu’un pour faire une tournée dans l’Ouest, maintenant, je suis régulier. C’est le fun. C’est une musique qui bouge. L’objectif du groupe, c’est de faire danser les gens. »

Carter & the Capitals comprend son public. Il s’y est adapté en lançant sporadiquement des singles. Le plus récent, Get Down, sera dévoilé le 20 janvier au Needle Vinyl Tavern d’Edmonton. « C’est la stratégie qu’on a choisi pour le moment. L’objectif est que le groupe conserve l’intérêt constant du public. En plus, c’est facile à partager. » Ce qui, selon Éric, correspond mieux à un groupe de style un peu plus populaire.

High Tides

L’autre groupe d’Éric Doucet, High Tides, a une approche complètement différente. Son univers musical planant permet les enregistrements longs. L’idée est de plonger l’auditeur dans une bulle. « High Tides est plus esthétique. Selon moi, c’est quelque chose qui s’écoute dans son ensemble. »

D’ailleurs, le groupe prévoit d'enregistrer un album cet été. Il devrait être dévoilé à l’automne 2018.

Nouvelle-Orléans

Juste avant cet album, Éric Doucet se permettra une pause post-universitaire. La musique ne sera pas bien loin. Pendant deux mois, au printemps, il se rendra à la Nouvelle-Orléans où il a déjà contacté des mentors. « Je n’y vais pas dans le cadre d’un programme en particulier. C’est moi qui ai pris mes contacts. Je vais jammer et écouter le plus de spectacles possible. C’est un endroit qui m’a toujours attiré musicalement. Je veux vraiment aller approfondir mes connaissances. Là-bas, le clavier et le piano y sont apprêtés à toutes les sauces. Que ce soit le funk, le jazz ou encore le blues, je sais que j’apprendrai beaucoup. »

En plus d’une connexion musicale, la Nouvelle-Orléans l’attire pour les Acadiens envers qui il se sent attaché en tant que francophone minoritaire dans une Alberta anglophone.