Festif! de Baie-Saint-Paul 2016, jours 2, 3 et 4 : beauté et démesure

Après une première journée riche en émotions initiatiques, on a su reprendre les forces qu’il faut pour repartir à l’aventure. Résumé approximatif de nos pérégrinations du vendredi, samedi et dimanche au Festif! de Baie-Saint-Paul.

Photo de couverture : Les Hôtesses d'Hilaire. Photo : Riff Tabaracci.

VENDREDI

Réveillés par la chaleur suffocante d’un soleil intermittent, nous reprenons conscience de l’état de notre existence. Malmenés par les rayons, plusieurs festivaliers font le pari de sortir leur matelas de sol dehors afin d’être en mesure de respirer.

De son côté, cette tente tente de se démarquer de ses comparses en adoptant une position moderno-contemporaine. À voir près de chez vous dans un musée.

1_Reveil

Un bon 36 minutes de marche nous sépare du quai à partir du camping du Festif!. Les multiples bières de route achetées au Pétro-Canada sont donc de mise.

Arrivés sur place, Avec pas d’casque a déjà amorcé sa généreuse prestation de plus d’une heure 30. Stéphane Lafleur l’admet : c’est la première fois qu’il donne un spectacle à une heure aussi précoce de la journée.

Avec Pas d'Casque au Festif! de Baie-Saint-Paul.

Quatre ans après Astronomie, le public est plus qu’heureux de renouer avec le flegme emblématique du groupe. De moins en moins lo-fi dans son approche, APDC offre une horde de nouvelles chansons convaincantes, notamment la très jolie Les gloires du matin.

Gestionnaire dans l’âme, le batteur Joël Vaudreuil prend les choses en main et va ramasser des bières pour les cinq gars du band. Il aurait sans doute dû en commander une de plus pour ce fan à l’énergie moins évidente.

Un groupe de fans, dont un qui dort sur une chaise.

Après le spectacle, on profite de la vue imprenable du fleuve Saint-Laurent.

Vue depuis les berges du fleuve Saint-Laurent.

Au sympathique Café des artistes, on rencontre le héros de la première soirée : l’illustre Gab Paquet.

Quelques heures après son show, il est toujours aussi radieux.

Riff Tabaracci en entrevue avec Gab Paquet sur un divan.

En rappel : notre entrevue avec lui sur le perron d’un dénommé Sylvain, qui habite juste à côté du Café.

En milieu d’après-midi, on part à la découverte de la ville de BSP. Dans tous les cas, on sait qu’on n’a rien à craindre côté incendie.

6_Promenade

À force de vouloir trop découvrir, on finit par se retrouver au Rossy.

Aperçu d’une promenade saisissante :

7_Rossy

Alors que nous revenons vers le droit chemin du festival, ce lugubre bébé en plastique nous interpelle.

Plutôt inquiétant.

8_Bebe

Juste à temps, on se rend au spectacle surprise de Keith Kouna dans une ruelle remplie à pleine capacité.

Malgré la démesure du spectacle des Goules du jour précédent, Kouna semble en pleine forme. Au rappel, il entonne l’épopée Coat de cuir et enjoint les citadins de la ruelle à propulser le refrain à l’unisson. Le moment est beau, à l’inverse de cet angle photographique.

9_Keith

Pas trop loin, c’est le 5@7 du Pantoum et de CISM qui bat son plein dans la cour du resto-bar Tony et Charlo. Invité à se produire juste après Mathieu Bérubé, le groupe funk rock Beat Sexü donne le ton à une soirée haute en couleur.

11_BeatSexu

Les moments flous se multiplient (déjà) vers 20-21h, mais heureusement, on pense à aller faire un tour au spectacle de la tête d’affiche Half Moon Run, présenté sur la scène Desjardins. Profitant d’un engouement québécois prononcé depuis plus de trois ans, le quatuor n’a pas grand-chose à faire pour émoustiller une foule survoltée et, surtout, très massive.

Dans la zone VIP, en haut, il y a des pâtés, des saucissons et du pain, ce qui explique sans aucun doute l’angle plus lointain de cette photo.

12_HalfMoonRun

À 23h, on se refamiliarise avec le chapiteau La Fabrique culturelle, où l’on a pu voir le spectacle à tout casser de Dead Obies hier soir.

Cette fois, c’est Brown qui ouvre la soirée avec son rap reggae métissé. Devant une foule plus qu’énergique, le trio père-fils livre l’un des meilleurs spectacles de sa jeune carrière.

13_Brown

Vers une heure du matin, Koriass prend le relais - comme d’habitude entouré de ses musiciens, de son complice Bobby One et de son éternel DJ Manifest.

Quelque peu atteint par les vapeurs alcoolisées d’une soirée somme toute arrosée, le rappeur enchaîne les hits avec une précision plus bancale.

Qu’à cela ne tienne, il réussit quand même à galvaniser la foule avec une prestance solide et, surtout, un charisme de prince implacable.

15_Koriass2

De retour au camp, on assiste à une pétarade de feux d’artifice aux abords de la plage. Fallait y être pour comprendre que quelqu’un aurait facilement pu se blesser.

Ravivés par autant de détonations, on prend le temps d’aller se coucher au moins quelques instants.

SAMEDI

Encore une fois, cette matinée commence par une marche de plus d’une demi-heure, histoire d’aller se ressourcer au quai pour voir Safia Nolin.

En chemin, on est toutefois heureux de s’arrêter furtivement pour se tordre le cou à regarder Mon Doux Saigneur performer sur un toit.

Un show surprise de haute voltige!

1_MonDouxSaigneur

Arrivés à destination, on comprend que la journée va être pas mal chaude et intense. À l’emplacement où, d’habitude, on profite d’une brise fluviale saline, on se retrouve plutôt à suer de la tête aux mollets.

Heureusement, Safia nous distrait de la température avec son humour et ses reprises de Rihanna/Céline Dion.

2_Safia

Après avoir enjolivé notre très tardive fin de soirée jeudi, le célèbre «Mama» distrait la foule avec ses récoltes de carottes.

Encore une fois : sacré Mama!

3_Safia2

Juste après Safia, Basia Bulat improvise un spectacle à couper le souffle sur le bord du quai. Un moment inoubliable.

4_Basia1

Dans la catégorie «chandail notable du Festif! 2016», celui-ci fait bonne figure.

5_Basia2

Après avoir tenté de trouver un cellulaire enfoui sous les rochers, nous effectuons une autre gracieuse promenade dans le centre-ville de BSP.

On sait pas trop ce qui se passe ici, mais ça n’a pas juste l’air de bien aller.

7_Promenade1

Dans la catégorie «commerce avec le nom qui donne le plus envie aux gens d’y entrer», celui-ci a certainement peu de chances de gagner.

6_Promenade2

En milieu d’après-midi, Canailles prend d’assaut la scène Hydro-Québec pour un spectacle gratuit, qui attire progressivement une foule enjouée. Comme d’habitude, les huit alcoolytes y vont d’une belle synergie.

8_Canailles

De retour dans la cour du Tony et Charlo, cette fois pour un 5@7 du Pantoum avec CHOQ.

Tristes d’avoir manqué La Famille Ouellette, on se console rapidement avec la bête de scène Anatole, qui offre un électro-rock théâtral à souhait. Encore une fois, il opte pour une tenue de scène enviable.

10_Anatole2

Après avoir tenté de dormir à la salle de presse pendant le test de son virulent des Hôtesses d’Hilaire, on reprend contact avec la vie, histoire de s’entretenir avec GrimSkunk.

Notre entrevue Facebook en rappel :

À 23h48 sous le Chapiteau de la Fabrique culturelle, c’est le phénomène Violett Pi qui a la mission de faire tripper bien comme il faut les noctambules.

Encensant les quelques festivaliers qui ont osé sauter par-dessus la clôture, le leader Karl Gagnon a la foule dans sa poche. Imprévisible, le mélange d’électro, de punk, de rock et de pop de son projet s’impose dès le départ comme l’un des moments les plus forts du Festif! 2016. Les trashs et les bousculades se multiplient vivement.

11_ViolettPi

Au même moment, c’est GrimSkunk qui vire à l’envers le sous-sol de l’église, extrêmement suintant. À l’instant où l’on arrive, l’impétueux Franz Schuller se met en chest et entonne un dernier droit de calibre, marqué par les rassembleuses Mange d’la marde et Perestroiska.

12_GrimSkunk

Suivent Les Hôtesses d’Hilaire et – surtout – leur leader démesurément génial, le gracieux Serge Brideau.

Si certains avaient leur réserve quant à l’idée de programmer le groupe acadien après la légende punk locale GrimSkunk, on aura rapidement semé toutes formes de doutes en voyant le résultat.

13_Hotesses

Retour sous le chapiteau pour profiter des derniers moments Beat Market. Malgré une foule qui se dissipe à vue d’œil, le duo électro poli au look yanniesque met le paquet.

14_BeatMarket

Amené en renfort, Yann Perreau (qu’on a volontairement manqué en première partie d’Ariane Moffatt et Champion plus tôt dans la soirée) se démène comme un biscuit dans le lait 3,25% le temps d’une interprétation disjonctée de J’aime les oiseaux.

À un moment donné, il en était rendu là :

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Vidéastes de circonstance que nous sommes, nous avons réussi à filmer l’essentiel de la descente de Yann. Comme vous pourrez le constater, c’est l’excellent Philippe Fehmiu (rebaptisé officiellement Philippe Festif) qui tient les pieds du chanteur ornithologue.

Une surprise n’attend pas l’autre au Festif! Voilà qu’à notre sortie du chapiteau, on se délecte d’une prestation surprise extérieure de La Famille Ouellette.

17_Famille

C’est bien connu : ce n’est pas tous les sommeils qui sont réparateurs.

Notre quasi-mascotte «Mama» nous le prouve une fois de plus en tentant de s’endormir vers 6h03 du matin.

DIMANCHE

À défaut d’avoir accès à une douche pendant quatre jours, plusieurs festivaliers optent pour une bonne vieille méthode : celle qui consiste tout simplement à se départir de ses sous-vêtements.

2_Reveil2

Prêts à partir, nous nous évitions 37 minutes de marche et choisissons de se rendre en auto au quai pour le dernier spectacle de tout le festival : Fred Fortin.

Les lendemains de veille sont difficiles, mais Fred réussit brillamment à nous les faire oublier.

Fred Forting performe au Festif!

On ne pensait pas repartir avec un souvenir du festival, mais disons que ce « sens-bon pour voiture » semble de plus en plus obligatoire pour une ride de 4h30.

uen tente à laquelle on peut acheter des sens-bons pour auto

On se revoit l’année prochaine, Baie-Saint-Paul.

Photos : Riff Tabaracci, Oliver Vinette et Élise Jetté