Festival des arts Arboretum d’Ottawa

C’est la fin de semaine dernière qu’avait lieu la deuxième édition du Festival des arts Arboretum d’Ottawa. Jeune festival donc, mais événement fort ambitieux qu’il ne faudrait surtout pas sous-estimer. Avec ses différents volets, consacrés à la musique, aux arts multimédias, à l’artisanat, ainsi qu’à la gastronomie, l’événement se veut un véritable rassemblement urbain, axé sur la communauté et valorisant les acteurs locaux.

En plus du volet performatif et de différents ateliers offerts au grand public, les organisateurs ont innové en présentant les « séances des chefs », une vitrine offerte à 6 chefs cuisiniers de la région, traités « comme les rocks stars qu’ils sont ». Ainsi, tout au long de l’après-midi, six plats signatures étaient offerts, chacun d’entre eux pour une heure seulement. Une belle façon de faire découvrir le talent des meilleurs chefs de la région!

Côté musique, ce sont les formations invitées à performer le samedi qui ont le plus retenu mon attention. Plus d’une vingtaine de groupes ont offert des concerts variant entre 30 minutes et une heure, juste assez long pour nous permettre de découvrir, en quelques heures, une panoplie d’artistes, aux styles parfois très différents.

Arboretum 2013 festivaliers.

Parmi les prestations que j’ai préférées, je retiens entre autres celle du collectif Gatinois FET.NAT. Seule formation francophone présente cette année, ils ont encore une fois offert une performance décapante et surprenante, y allant d’un rock sans compromis, ébranlant au passage une certaine frange du public resté sur place après avoir entendu le folk paisible de Michael Feuerstack. FET.NAT a profité de la vitrine qui leur était offerte pour présenter les pièces qui se retrouveront sur le prochain album, dont l’enregistrement est d’ailleurs déjà commencé.

Plus tard dans l’après-midi, alors que la foule se faisait de plus en plus nombreuse, Sarah Neufeld (Arcade Fire) est venue présenter le matériel de son premier album solo. Seule avec son violon, elle a séduit le public qui s’est laissé bercer par ses mélodies envoûtantes. Alors que la plupart des gens se sont assis sur l’herbe pour l’entendre jouer, la foule est restée silencieuse, dédiant ainsi toute l’attention à l’artiste et à ses compositions.

Photo d'un groupe sur scène en Arboretum.

En soirée, ce sont Owen Pallett et Holy Fuck qui, tour à tour, sont montés sur scène pour conclure cette superbe journée. La foule, maintenant beaucoup plus compacte, a semblé grandement apprécier la performance de Owen Pallett, artiste maniant allègrement le violon en l’utilisant parfois à la façon d’une guitare, parfois de façon plus traditionnelle. Peu bavard, ce lauréat Polaris a laissé toute la place à sa musique, ne prenant la parole qu’à de rares occasions, entre autres pour saluer son père qui s’était déplacé pour l’occasion. De leur côté, les gars de Holy Fuck sont les seuls à avoir véritablement réussi à faire bouger la foule. Bien qu’au début les gens semblaient timides et engourdis, les rythmes électros de Holy Fuck ont fini par avoir raison du public qui a flanché et s’est mis à danser. On se serait alors cru transporté dans un tout autre événement, fort loin des prestations folk qui ont prévalu une bonne partie de la journée.

Les organisateurs ont réussi leur pari en concoctant une deuxième édition des plus réussies. Ce festival, qui a déjà pris de l’ampleur par rapport à l’an dernier, est promis à un bel avenir. Étant une façon hors pair de faire connaitre les artistes et artisans locaux, je ne peux qu’espérer que l’événement soit là pour durer et qu’il s’enracinera dans la communauté. La seule chose qui a semblé faire défaut, c’est la faible représentativité des artistes francophones dans une région dont environ le tiers de la population a le français comme langue maternelle. L’équipe d’Arboretum m’a toutefois affirmé qu’ils aimeraient faire une place plus importante à ces derniers, et ce, dès la prochaine édition. Je ne peux que leur lever mon chapeau et souhaiter que ce ne soit pas des vœux pieux!