Festival Up Here - Jour 1

Up Here est un festival d'art urbain et de musique émergente qui se déroule à Sudbury. Du 11 au 13 août, les rues se remplissent d'art, les salles de musique et, les festivaliers, de souvenirs.  

Photo de couverture : visuel du festival Up Here.

L'arrivée

Jeudi, j’arrive en fin d’après-midi et je passe chercher ma passe média à la galerie d’art, une vieille maison centenaire en pierre grise. Dans un coin du jardin, au bout d’un petit sentier, on retrouve une tente d’hospitalité remplie de bières et de crudités. Les tables sont couvertes de rouleaux de papier brun avec des Crayola éparpillés un peu partout, prêt pour des chefs-d’oeuvre. On est en bonne companie.

En ville, les festivités commencent dans une ambiance tamisée, mais festive. Une soixantaine de personnes se réunissent pour le lancement officiel. Avec les préparations finales d’un dôme géodésique géant en arrière-plan, la foule circule au son du DJ l’Honorable ft. le maire de Sudbury qui, lui aussi, orne sa tête du casque proverbiale avec une oreille à l’air. Moi, j’ai hâte de commencer les spectacles et je me dirige vers le bar Zigs pour voir le punk show tout âge.   

Performance de Sik Rik

Sik Rik au bar Zigs.

À 18 h, une bière 2UP en main, j’écoute à Sik Rik avec un haut-parleur collé à mon visage. Ce sont des chansons slacker punk de 2 minutes avec un bpm élevé et de la grosse distorsion qui feed par défaut. Un synthétiseur ajoute une texture intéressante, doublant les mouvements des accords ou jouant quelques fois des mélodies entrainantes. Une de mes chansons préférées, Living at my mom’s, alterne entre quatre accords dans un cycle hypnotique, avec des soupçons noise. Je remonte à la clarté du jour rempli d’angoisse existentielle, avec le goût de briser des choses ou whatever.

photo d'une can de 2UP beer

La 2UP, bière officielle du festival Up Here 2016

La visite

Des statues de déesses grecques au Grand Theatre ajoutent au vibe épique du groupe The Visit.

Après un souper très santé de graines de citrouille salées et de jerky, c’est direction Grand Théâtre pour le spectacle de 20h. C’est un vieux théâtre rendu night-club à trois plateformes avec des escaliers qui s’écoulent de chaque côté vers l’estrade. J’arrive à me trouver un siège à 19h50 sur un sofa en cuir qui fait face à la scène. Quand The Visit sort de l’arrière-scène, c’est tout juste pour dire que les spectateurs se détournent de leurs conversations. Le duo violoncelle et voix débute leur prestation dans cette atmosphère comme si de rien n’était.  

Une introduction virtuose brise l’air de légèreté. Les gens se lèvent et s’approchent silencieusement, captivés par l’intensité musicale. Le mot virtuose n’est pas utilisé en exagération; Raphael Weinroth-Browne navigue son violoncelle entre du pizzicato clair, un jeu en double corde très guitaristique, un archet trémolo précis et des arpèges qui rougiraient les joues de Paganini. Mais avant tout, c’est la façon qu’il tisse toutes ses techniques pour créer une structure de chanson très fluide, remplie de beauté mélodique et harmonique. La voix ajoute un élément éthéré; les paroles sont rares, placées ici et là entre de belles mélodies syllabiques qui donnent une direction émotionnelle. À la fin du concert, en applaudissant je lui lance le signe des cornes à bonne mesure et il répond de façon très épique en baissant la tête et faisant de même.

Nouveau Frites

La soirée se finit au Townehouse entre amis en buvant de la 50, en mangeant des burgers et écoutant du art rock bizarre. C’est New Fries qui capte mon attention avec un style qui s’inspire du No Wave circa 1970, rempli de dissonance, de sons randomisés et de paroles dadaïstes (leur disque Fresh Face Forward marque le nom du groupe comme Nouveau Frites). Derrière cette expérimentation sonore, la basse et la batterie apportent souvent un groove contagieux et les gens dansent. 

New Fries aka Nouveau Frites au Townehouse.