Festival Up Here - Jour 3

Up Here est un festival d'art urbain et de musique émergente qui se déroule à Sudbury. Du 11 au 13 août, les rues se remplissent d'art, les salles de musique et, les festivaliers, de mémoires. Ci-bas, le récapitulatif du troisième et dernier jour.

Photo de couverture : visuel du festival Up Here.

Troglodyte

Dans la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO), des stalagmites et des stalactites tricolores sont éparpillées comme les dents d’une bouche entrouverte. Des quadrilatères en zigzag tracent le contour de ces pyramides et, sous une lumière pulsante qui change de couleur, les formes apparaissent et disparaissent comme par magie. Une musique acid house synchronise l’alternat des projecteurs.

L'affiche pour Nouveau Troglodytes à l'extérieur du GNO.

C’est Nouveaux Troglodytes de Philippe Blanchard, une installation qu’il présentait pour la première fois à la galerie Arprim à Montréal il y a quatre ans. La musique, composée par Fan Fiction (Steph Davidson), est construite à partir d’une plage de bpm fourni par Philippe. J’en ai discuté avec lui:

« Mes consignes étaient assez précises tout en lui (Steph Davidson) laissant beaucoup de liberté. L'important, c'était que tout se fasse en MIDI, pour faire la synchro avec les lumières. Pour la trame sonore de l'expo de la GNO, qui a été composée deux ans après notre première collaboration, j'ai été encore plus ouvert, lui suggérant d'explorer les collages sonores, et ça a donné une heure d'ambiances très variées. »

En sortant de cette grotte moderne, une dame me croise sous la pluie fine avec une plaque à four pleine de brownies frais et m’en offre un, ou deux…à moi de choisir.

Bye bye

Night Terrors est un sextuor sudburois qui inclue aussi David MacKinnon, un réalisateur de Toronto. Ils ont un style rock atmosphérique qui retombe souvent sur les gros riffs de guitare. Leur concert est au deuxième étage du Durham Social et je me faufile entre des assiettes de pâtes fettucine et des paniers de pain à l’ail pour rejoindre les escaliers. La salle n’est pas excellente pour le son, qui rebondit sur les murs de brique et les grandes fenêtres derrière les tambours, mais les chansons sont puissantes et le groupe bien pratiqué. Matt Beech, le chanteur, a un charme sardonique qu'on remarque aussi dans sa plume assez sombre. C’est leur dernier spectacle et ils me manquent déjà.

Night Terrors au Durham Hall.

Regarde ! Les étoiles !

Après un concert de Stars décevant à Osheaga il y a quelques années, je garde des émotions mixtes à l’idée de les voir en spectacle. Je suis agréablement surpris; ils sont généreux, même très généreux avec la foule et ils applaudissent plusieurs fois la communauté, le festival, les festivaliers — on se sent bien guidé par la présence scénique experte du chanteur Torquil Campbell. La pluie patiente et sous un ciel gris, on les a finalement, nos étoiles.

Le groupe Stars sur une scène extérieure.

Stars sur la scène extérieur de la rue Durham.

Danse danse

Une visite chez un ami me donne un second souffle et je me dirige vers Durham Hall. Automelodi nous apporte dans un trip de danse new wave qui s’enchaîne non-stop. L’analogie qui me vient en tête c’est Peter Peter pour la musique danse, pas seulement à cause d'une ressemblance physique mais aussi une sorte d’esthétique en commun que je n’arrive pas trop à expliquer. Par la fin de la performance tout le monde bouge, votre narrateur aussi, avec un style qui deviendra de plus en plus exagéré et bizarre pendant le déroulement de la soirée. Plus tard, au party de danse à quatre heures du matin, le plancher se remplit de paillettes sous des pieds énergiques et plusieurs artistes se joignent à la fête comme Zones et Paupière.

Maintenant

Le batteur de Saxsyndrum entre deux stalagmites.

Dans la Galerie du Nouvel-Ontario, le groupe Saxsyndrum approprie l’espace de Nouveaux Troglodytes pour un spectacle étonnant. L’instrumentation de saxophone, synthétiseur et batterie (d’où vient le nom du groupe) crée un tableau sonore sur lequel une voix sans paroles tombe en gouttes de peinture. Je passe ma main dans mes cheveux, sur mon visage. J’observe en émerveillement en pensant à quelque chose que Marie-Claire m’a dit: « Ça m’a cogné sur la tête et maintenant c’est à moi ». J'ai fait un cycle complet depuis cet après-midi et, en regardant à l'entour, je reconnais mes amis et je réalise soudainement que le festival vient de finir.