Gaële en Gaëloscope

J’ai été un peu embêté pour l’écriture de ce billet.  J’avais quelques sujets en tête, mais aucun ne me convainquait totalement. Le syndrome de la page blanche! Et voilà que je reçois un courriel m’offrant de m’entretenir avec Gaële, qui était de passage à Ottawa pour faire la promo de son dernier album, Téléscope.

Jusqu’à il y a quelques jours, je connaissais peu Gaële, je l’avoue.  Je connaissais bien sûr sa charmante reprise ukulélé de La folie en quatre, de Daniel Bélanger. Tout comme j’avais entendu ici et là la pièce Donnant donnant, pièce pop reggae interprétée avec François Grégoire alias Kodiak. Je connaissais aussi beaucoup Gaële pour sa plume, elle qui signe la plupart des textes de Marie-Pierre Arthur et qui a aussi écrit pour grand nombre d’autres artistes dont Damien Robitaille ou Jipé Dalpé pour ne nommer que ceux là.

J’ai donc porté mon attention sur ce Téléscope, suite du Microscope, EP paru quelques mois plus tôt. Première chose qui m’a frappée, avant même l’écoute, l’album a été coréalisé par Pierre Fortin. Oui, le Pierre Fortin de Gros mené, Galaxie et Dales Hawerchuck. Si vous ne connaissez pas Gaële, disons simplement que les parallèles avec Marie-Pierre Arthur étaient pour moi beaucoup plus évident qu’avec l’un des emblèmes du son du Lac!

Photo de presse de Gaële

Gaële m’expliquera plus tard que « Pierre, ça a été une magnifique rencontre. Quand je l’ai vu jouer du drum, pour moi, il dansait. Il a vraiment le beat incrusté. C’est quelque chose qui me ressemblait beaucoup dans la façon d’approcher la musique. J’avais besoin de ce rythme là, de cette virilité, quelque chose de très assumé, très instinctif, très tribal aussi. Ça faisait l’équilibre avec mon côté romantique et le côté aérien de ma voix…  On était un beau duo de ce côté-là. Ça a été logique et naturel. »

Donc, le nouvel album de Gaële, ça bûche davantage? Pas vraiment. Pas du tout en fait. C’est beaucoup plus tranquille que les précédents. Alors que Cockpit était davantage dans l’exploration et que Diamant de papier était davantage festif, Téléscope est paradoxalement beaucoup plus lent, plus planant et plus cinématographique. Un album plus assumé et probablement plus personnel aussi.

On a l’impression que la jeune Gaële a fait place à Gaële, la femme. Elle avoue avoir laissé plus de place aux instruments et tenté d’être plus direct dans sa poésie et sa façon de dire les choses. Elle voulait aussi quelque chose de plus imagé et qu’il y ait cette « saveur de double culture » issue de la rencontre du « Québécois pure souche du gros rock » et de « l’immigrante aux racines françaises encore présentes ».

Gaële sur scène.

En plus de Pierre Fortin, Antoine Gratton a également participé à l’album. C’est un peu lui qui est venu mettre l’aspect plus symphonique, lui qui a d’ailleurs dirigé un quatuor accompagnant Gaële lors de son lancement. Mais il y a aussi Alex McMahon (Cargo Culte, Plaster, Daniel Bélanger) et Jean-François Lemieux (Cargo Culte, Daniel Bélanger, Jean Leloup), des musciens qu’elle est allé chercher pour des raisons différentes, mais entre autres parce qu’ils sont aussi réalisateurs.

«Ils avaient cette vision globale d’un projet, chacun n’a pas juste amené son instrument mais est arrivé avec sa petite saveur, pour faire en sorte que la chanson soit meilleure et que ça porte mes mots et mes mélodies ». Et d’ailleurs, elle en dit autant  d’Olivier Langevin (Galaxie, Gros Mené) qui a aussi participé à l’album, tout comme l’autre Galaxie, Pierre Girard, qui a assuré la prise de son. Bref, avouez qu’avec un tel « casting » ça peut seulement être bon!

Entretemps, Gaële prépare son multi-one-woman-show, version solo de son spectacle à grand déploiement présenté lors du lancement et qui pourrait être encore présenté en quelques occasions et marraine le Festival Pacifique en chanson. Les dates de spectacles sont disponibles au gaele.net

***

Parlant de spectacle, j’ai eu la chance de voir Dany Placard avec Philippe Brach en première partie la fin de semaine dernière.  Un concert qui devait durer tout au plus deux heures et qui s’est étiré sur plus de trois heures. On a eu droit a grand nombre de délicieuses dérapes…  Bref, du Placard en pleine forme, c’est bon en ta…