GAMIQ 2014 : Les nommés rap se prononcent

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Après la razzia Alaclair Ensemble des trois dernières années, le Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) fera vraisemblablement un nouveau gagnant dans sa catégorie hip-hop, dimanche prochain, puisque la troupe de post-rigodon ne s’y retrouve pas cette année. Pour l’occasion, BRBR est allé interviewer chacun des nommés afin de recueillir à la fois leurs impressions sur leur nomination et leur point de vue sur les autres albums en lice dans la catégorie.

 

Dead Obies – Montréal $ud

Bonsound

Couverture de l'album Montréal Sud

Snail Kid (Dead Obies) : Être nommé au GAMIQ me fait, bien sûr, chaud au cœur. Ça fait du bien de savoir qu'il y a une place dans cette industrie pour ce qu'on fait. Cependant, j'avoue me câlisser - sorry du gros mot - de gagner ou pas. Pour moi, les prix remis dans les galas ont très peu d'importance sur la scène culturelle. En fait, il s'agit souvent de répéter les quelques noms «dans le vent» du moment. On passe très souvent à côté de nombreux artistes/projets pertinents qui n'ont tout simplement pas eu la couverture médiatique que certains ont eu la chance (ou le malheur) d'avoir.

Toast Dawg : Très down avec ce disque et avec le groupe. J’suis quand même proche de ces minces-là pour plein de raisons différentes et je crois que cet album-là est un gros statement.... SURTOUT LE BOUT DE LA CHANSON DO OR DIE QUAND J'ÉGRATIGNE LA VOIX DE KRS-ONE. Bref, fou record.

Koriass : C’est l’un des albums que j’ai le plus écoutés en 2014. C’est clairement le groupe de rap québécois qui a le plus fait parler de lui cette année puisqu’il a réussi à sortir de la niche fermé du hip-hop québécois - comme en témoigne sa présence sur la longue liste du prix Polaris. En plus, humainement parlant, les gars sont vraiment cools.

Dramatik : Je n’avais pas écouté tout le projet avant cette demande. Même si l’intro ne m’accrochait pas au début et confirmait la raison pour laquelle je n’adhérais pas au mouvement, me voilà, avec le temps, accepter cet univers aux voix distorsionnées et aux beats déconstruits qui font place à des flows faits sur mesure, chaque fois. Les paroles avec la musique sont un must pour le cerveau qui comprend, mais ne sont d’aucune utilité pour la cervelle sur pause qui ne cherche que la transe du moment (…) Ce n’est pas mon genre, mais je respecte l’extase artistique du projet. La production est bien travaillée.

Arthur Comeau : J’aime bien les beats de Dead Obies. Je pense que leur producer a un futur, certes. J’aime bien qu’on ne comprenne pas tout avec eux. Je déteste du rap qu’on comprend tout de suite.

 

Toast Dawg – Brazivilain Revisited

Indépendant

Couverture de l'album Brazivilian EP revisited

Toast Dawg : C'est plus ou moins important, mais je ne crois pas vraiment à mes chances de gagner. C'est un disque DIY fait avec 0.00$, donc, déjà, me retrouver en lice aux côtés de records qui ont été produits avec visiblement pas mal plus de moyens et qui ont été poussés par des labels reconnus, c'est déjà une petite victoire. Je crois que j'ai réussi à donner une deuxième vie à Brazivilain en invitant des gens à se coller au projet. Ce qui est cool, c'est que les rappeurs et producteurs avec qui j'ai retravaillé les tracks originales ne se retrouveront probablement jamais sur un même projet. C’est donc un projet assez spécial en soi.

Snail Kid (Dead Obies) : Le légendaire Toast Dawg! J’écoutais ses shits avec Atach Tatuq à l’époque où je savais même pas qu’on était dans la même famille! J’te vois, cousin.

Koriass : C’est un bon ami, un vieux routier et un geek de beatmaking. Il est vraiment difficile dans ses choix musicaux, et ça se voit dans la musique qu’il fait. Il a un son vraiment reconnaissable, vraiment unique. J’adore son album et, en plus, je collabore dessus.

Dramatik : Rafraîchissant, surtout la fin qui me rappelle mes samedis soirs quand j’écoute du jazz. Les collaborateurs attirent l’auditeur non-initié à un son imprévisible – un son qui ne devrait pas s’écouter devant l’écran d’ordi, mais bien au centre-ville avant l’arrivée du bus, en rêvant à des plages brésiliennes, même en pleine tempête de neige.

Arthur Comeau : J’aime bien cet artiste. Lui aussi, il a un futur.

 

Koriass – Rue des Saules

7e Ciel Records

Couverture de l'album rue des saules

Koriass : Autant que j’ai des chances de gagner pour le Spectacle de l’année, autant que pour l’album rap, je suis pas mal sûr que c’est Dead Obies qui va gagner. En ce moment, les gars sont encensés par la critique, ils ont tout pour eux. En même temps, j’avais dit la même affaire pour la catégorie hip-hop au Gala de l’ADISQ, que j’ai gagnée finalement. J’avais parié contre moi, pis y’a fallu que je paie un souper à Bobby One…

Snail Kid (Dead Obies) : Koriass, au même titre que Drama, m'a énormément motivé à faire du rap. Il est arrivé à une période plutôt « sombre » pour le rap québécois, avec un level de technique que très peu de rappers d’ici avaient atteint à l'époque. Je me souviens que j'attendais ses battles «Marche à la mort» avec impatience. Ce qui m’impressionne le plus chez lui, c’est son haut niveau de rime et la façon qu’il structure ses punch lines.

Toast Dawg : L’album de Korey est très bon aussi. Le gars fait tout pratiquement tout seul, et il est beng bong. Il a collaboré à mon record, donc c’est sûr que j'ai plus de chances de gagner à cause de ça… NOT.

Dramatik : L’album de Korey n’est pas une compilation : tu pèses «play», et un film se défile entre tes deux oreilles. La rime ne fait pas de jambette au message.

Arthur Comeau : Koriass, je connais juste de nom. Faudrait que je check ça out. Normalement, j’évite les artistes qui ont un «K» dans leur nom, mais j’peux faire une exception.

 

Dramatik – Radiothérapie

7e Ciel Records

couverture de l'album Dramatik Radiothérapie

Dramatik : Si je gagne, ce ne sera pas une question de chance. Le seul élément qui compte, c’est celui d’avoir été écouté dans le bon timing et le bon environnement.

Snail Kid (Dead Obies) : J’ai beaucoup de respect pour lui. Je l’écoutais avec Muzion quand j’avais 10 ans et demi et, juste le fait de penser que maintenant je suis nommé à ses côtés, c’est énorme pour moi.

Toast Dawg : J'ai écouté son disque. Il y a deux ou trois chansons que j'ai vraiment dig. Drama est un rappeur définitivement sérieux et précis qui prend la peine de se renouveler et de sortir du matériel régulièrement, même après plus de 20 ans de métier. Word.

Koriass : C’est l’une de mes influences, donc je suis déjà gagné d’avance. Son album est vraiment bon. Il a pris de la maturité au niveau textes et flow.

Arthur Comeau : Je le connais juste de nom lui aussi. Faudrait que je check ça out. Normalement, j’évite les artistes qui ont un «K» dans leur nom, mais j’peux faire une deuxième exception.

 

Arthur Comeau – ¾

P572

Couverture de l'album 3/4

Arthur Comeau : Ce genre d'événement, c'est un industry propeller qui encourage la créativité et l'entrepreneuriat. C'est bon et c'est fun. J’y ai rencontré des femmes intéressantes les années passées, so je suis un fan de ce party. J'serai pas là cette semaine, j’su en Louisiane en train de faire l'album qui va gagner si celui-ci gagne pas cette fois. J’dirais que j'ai au moins 20% des chances de l’emporter, so c'est mieux que fuck all.

Snail Kid (Dead Obies) : Je connais pas ça.

Toast Dawg : Pour vrai, j'savais pas que ce mince-là, qui a d'ailleurs déjà fait un fou remix d'une track de Payz Play, avait sorti un record. J’ai donc pas d'opinion.

Koriass : Je l’ai pas écouté.

Dramatik : Pas écouté.

NDLR - C’est maintenant le moment de remédier à la situation :

 

La 9e édition du GAMIQ aura lieu ce dimanche 30 novembre au Théâtre Plaza à Montréal.

Pour plus d’infos : gamiq.net