Jet Black : Authentiques Shoegazeurs

Jet Black en concert

Il y a les vrais puis il y a ceux qui surfent sur la vague créée (entre autres) par DIIV et Cloud Nothings. Les membres de Jet Black appartiennent à la première catégorie, celle des musiciens hors des modes.

Ils ont le vent dans le dos et l’appui de la scène brooklynoise, Mecque du noise-rock shoegaze, en la personne de Jack Rabid, sorte de Mahomet du genre, diffuseur passionné et fondateur du Big Takeover Magazine, qu’il tient à bout de bras depuis l’an de grâce 1980.  « En ce moment, ce qui nous emballe le plus, c’est notre radio session avec lui. […] Y’a beaucoup de nos idoles qui l’ont fait : Sloan, Adam Franklin... C’est un honneur. », confie le chanteur et guitariste rythmique Philippe Saint-Laurent, avec un méga sourire étampé au visage; le sourire des gens qui cochent un truc de plus à leur bucket list.

Les choses se passent, c’est le temps des récoltes. Dans deux semaines et des poussières ils lanceront (enfin) leur deuxième album complet, entre les murs du Pantoum.

Un disque a été téléversé sur leur page bandcamp en septembre mais il tarde à être gravé sur vinyle dans l’usine que le groupe a choisie à Nashville. Il s'agit là de la dernière étape d’un processus relativement laborieux qui s’est étalé sur un an demi rien que pour l’enregistrement au studio l’Oreille Gauche de St-Étienne-de-Lauzon (un quartier de la méga-ville de Lévis) qui s’est fait en mode live, parce qu’ils ont horreur du track par track, mais qui a quand même été bonifié par des superpositions de guitares. Une technique empruntée à son créateur, Phil Spector, le producteur des Beatles dans les temps. Le mixage quant à lui a eu lieu à Matane. « On descendait une fois ou deux par mois, on prenait congé de nos jobs. »

Les deux mains sur le volant

Ils sont fiers de le dire, ils le répètent souvent en entrevue et ça fait même partie de leur marque de commerce : les Jet Black sont entièrement indépendants. Pas de maison de disque, pas de bookeur, pas d’attaché de presse. C’est même leur bassiste, Stéphanie Vézina (aussi de feu Machinegun Suzie), qui s’est occupée du graphisme de l’album. L’artwork bleu marin et noir pour In Paradox, c’est elle. D'ailleurs, de 9 à 5, elle travaille pour l’agence Kabane au centre-ville de Québec. « C’est nous qui investit pour tout, même le pressing de vinyles, mais on n’a pas de comptes à rendre à personne. Ça gobe énormément d’énergie, mais on ne veut rien laisser au hasard. On a une vision très claire des choses. »

Leur vidéoclip pour la chanson Smothering, réalisé par Bruno Marchand, est en totale osmose avec le visuel créé par la bassiste.

L’idéal artistique du groupe de Québec est clair, et cela depuis leur premier jam de 2008. Son collègue en rajoute : « Du shoegaze qui se rapproche davantage du noise que du dream pop qu’on entend surtout en ce moment avec le revival. C’est plus grunge aussi. »

 

Spectacles de lancement

Samedi 6 décembre au Pantoum (Québec)

Vendredi 12 décembre au Zénob (Trois-Rivières)

Samedi 13 décembre à La Petite Boîte Noire (Sherbrooke)