Joey Robin Haché : Le monde a bien changé

joey en spectacle.

Les choses se passent pour Joey Robin Haché et cette fois-ci, c'est la bonne; en plus d'être finaliste au Gala de la Chanson de Caraquet, l'auteur-compositeur a offert une vitrine remarquée lors de la Semaine de la musique de la côte est.

« Ç'a allait plus ou moins bien avec mon ancienne formule trash, explique Joey, le lendemain de sa vitrine. J'me suis embarqué de nouveau avec mes anciennes influences, du folk ambiant. Tu sais, c'est ça que je faisais au tout début. »

Joey Robin Haché prépare son premier album solo, dont la sortie est prévue en novembre 2014. Pour l'occasion, il fait appel à un maître de l'ambiant et du folk; le Gaspésien Guillaume Arsenault.

« On s'est revu à Moncton, à la Francofête, l'automne dernier. En jasant, j'lui ai dit que ça serait le fun si un jour y pouvait réaliser mon album. Il m'a dit qu'il allait y penser. »

Le lendemain, Arsenault répondait par un texto abordant toutes les facettes de la réalisation de l'album, des détails de production jusqu'aux questions financières.

« Pour un message texte, y'aurait pu m'envoyer un courriel, facilement, » souligne Joey en riant.

Le parcours de Joey Robin Haché est à l'image des gens de sa génération. En plus d'avoir roulé sa bosse au sein de groupes punk dans sa région d'origine, la Baie-des-Chaleurs, l'acadien a livré de multiples parutions artisanales lors de son passage au collège communautaire.

« Y'a un phénomène dans le nord de la province où on aime beaucoup s'autoproduire. La plupart des artistes de la Baie-des-Chaleurs ne vont pas aller voir les autres. Ils vont créer plein d'albums que personne ne connaît, tout en espérant se faire connaître. J'fais parti de cette scène-là. »

Le déclic a eu lieu en arrivant à l'Université de Moncton, une nécessité selon Joey.

« Y'a fallu que j'aille voir ailleurs. L'exil est un thème commun avec les jeunes du nord de la province. »

Après un détour bénéfique au sein d'un trio folk-trash, Hâché est revenu à la source en créant chez lui, selon les règles du D.I.Y. C'est en ressortant son enregistreuse à 4-pistes que sa copine Céline, présente lors de l'entrevue, a compris qu'il venait de mettre le doigt sur le bon son et la bonne formule.

« Il m'a fait écouter des nouvelles tounes et j'lui ai dit, c'est ça! »

« C'est à partir de ce moment-là que j'ai recommencé à créer vraiment, précise Joey. On dirait qu'avant, j'cherchais trop, mais c't'ai pas assez. Maintenant je crée avec l'ancienne manière. »

joey en spectacle.

Ce n'est pas une figure de style, mais l'ancienne manière, c'est l'avenir avec ses échantillonnages et ses pédales d'effets. Si Joey n'est pas le premier acadien à manier l'archet, il est un des premiers à s'en servir sur une guitare.

« Mes repères ce sont des influences québécoises; Les Colocs, Avec pas d'casque, David Marin. J'garde un feeling trad qui indique que c'te guy-là est Acadien. »

Le principal intéressé ne voit pas de pression en créant en Acadie où les histoires à succès se multiplient. Il souligne d'ailleurs l'importance de créer à partir de sa région.

« C'est un terrain inconnu et tout est possible. Tu peux travailler avec les sons, l'ambiance, la musique et t'as pas la peur de la faillite. Nobody knows where you're going, because it's new. »

C'est d'ailleurs cette audace qu'il souhaite transmettre à une nouvelle génération par l'entremise de son folk du terroir urbain.

« On va espérer qu'on en influence une couple, en gang, à aller ailleurs et faire autre chose. »