Kuato

Photo du groupe Kuato.

Le premier album du groupe post rock Kuato tire son inspiration d'un événement historique qui n'est plus chanté par la nouvelle vague d'artistes acadiens: la déportation de 1755.

« Dans les écoles de la Nouvelle-Écosse, l'histoire acadienne est enseignée de manière très factuelle, explique Josh Pothier, batteur du groupe. Après avoir lu le livre Acadian Resistance, j'ai pris conscience pour la première fois du facteur humain de cet événement historique. »

Kuato est un groupe instrumental qui mise sur l'intensité de ses paysages sonores sur The Great Upheaval, leur premier album complet. C'est avec une nouvelle compréhension - plus violente - de l'histoire de ses ancêtres que Josh a proposé au groupe d'utiliser ces repères de l'histoire acadienne.

« Nous nommions nos chansons de manière aléatoire. Quand j'ai amené cette idée conceptuelle aux gars, ils ont embarqué. Ce fut un défi, car il fallait relier un événement historique aux états d'âme des chansons, et raconter une histoire, tout en s'assurant que les titres aient un sens pour quiconque écoute le disque par hasard. »

En plus de faire bande à part avec ses inspirations, à des années lumières du folklore acadien de la province, Kuato ressort du lot dans la région avec ses envolées sonores et ses constructions vaporeuses et urgentes. Selon Josh, cette denrée n'est pas aussi rarissime que l'on pense, au pays de Joel Plaskett.

« Tu sais, il y a plein de groupes qui appartiennent à la même famille musicale que nous, comme les vétérans Instruments ou Force Fields de Fredericton. »

D'ailleurs, Kuato part sur la route en août avec Zaum, un duo expérimental de Moncton, qui partage le même esthétisme ténébreux, lourd dans sa portée.

« Les groupes californiens que j'écoute ont tous une sonorité qui évoque leur environnement. C'est pareil ici. La Nouvelle-Écosse est un endroit sombre qui s'agence bien à notre son. Nos paysages sont brumeux. »

Kuato travaille à trois guitares sur The Great Upheaval, un concours de circonstances plutôt qu'un choix selon Josh. Si le groupe a connu de nombreux changements de personnel, il mise aujourd'hui sur une formation stable, dont le lieu de naissance remonte à une cuisine de la région d'Halifax.

« Je travaillais là avec Adam (guitariste). Nous écoutions les mêmes musiques durant nos quarts de travail, comme du Godspeed (sic) ou Explosions in the Sky. Adam a fini par m'inviter à une soirée open mic où il jouait. Je m'attendais à voir un songwriter typique, mais finalement il créait de gigantesques paysages sonores avec plein de pédales et une guitare électrique. »

Josh travaille aujourd'hui à Toronto, au sein d’une boîte de gérance artistique. Selon lui, malgré la distance, les changements de personnel et les défis de la création instrumentale, la sortie de ce premier album est un accomplissement digne de mention.

« Nous allons faire quelques dates en Ontario et dans le reste de l'Est canadien en août, après quoi, je retourne à Toronto. J'aimerais voir cet album percer le marché européen, qui est une grande niche indépendante pour notre genre de musique. »

The Great Upheaval, dans les bacs le 24 juin via Acadian Embassy, sur vinyle, CD et en numérique. Lancement le 26 juin au Old Confidence Lodge, à Riverport, en Nouvelle-Écosse. En tournée canadienne avec Zaum du 2 au 23 août.

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