La transformation prog-rock de Règlement 17

Au début novembre, le groupe d’Ottawa Règlement 17 sortait un deuxième album, Résistance évolution. Plus progressive, mais toujours aussi électro-pop, la formation a vécu une véritable transformation autant par le renouvellement de ses membres que par le son qui en découle. L’équipe de La Chasse en a profité pour recevoir Daniel et Xavier en studio!

Photo de couverture : Règlement 17. Crédit : Élise Desforges

Pochette de l'album Résistance évolution de Règlement 17.

Pochette de l'album Résistance évolution de Règlement 17.

Près de quatre années se sont écoulées depuis la sortie du premier album de Règlement 17. Entre temps, de grands changements ont eu lieu au sein même du groupe, qui a recruté les trois membres de la formation post-punk L’île du stylo, modifiant du même coup leurs influences et leur son. Entre autres, la présence de Xavier Bélanger (L’île du stylo) à la basse et de Kevin Daoust (Hey, Wow) à la guitare et aux claviers a amené un côté plus rock progressif à la formation.

« Xavier fait partie un peu de l’aile progressive du band, explique Daniel Sauvé (guitares), l’un des membres fondateurs de Règlement 17. On a aussi Kevin Daoust [NDLR : également membre fondateur] qui joue dans Hey, Wow et qui est lui aussi un gros tripeux prog-rock. »

La formation conserve malgré tout son petit côté métal et rock alternatif, qui est à la base même de leur identité. « Généralement, on emprunte peut-être une couple d’affaires au métal, mais on essaie de pas trop trop s’appeler ça… parce qu’écoute, un puriste va vraiment rire de nous si on dit : ouaip, on est un band métal ! Moi je me vois un petit peu plus dans ce qui était autrefois l’alternatif. »

Une période de transition

L’idée d’un groupe a d’abord germé dans la tête de Daniel et Kevin qui ont été les instigateurs du projet. C’est toutefois à l’arrivée de Cathy Vallières (voix) que Règlement 17 prend véritablement forme. S’en suivra un premier album homonyme sorti au début 2012, puis quelques singles, dont Chaque pas lancé en septembre de la même année, coïncident ainsi avec le 100e anniversaire du fameux Règlement XVII.

Après ce premier album, la formation est toutefois passée par une certaine période de transition et chercha à se doter de nouveaux membres. « On s’est dit que ce serait peut-être une idée cool d’intégrer du violon, explique Daniel à propos du recrutement de Patrick Pharand. Puis l’idée c’est qu’il fait aussi du clavier dans le band. »

Daniel a ainsi fait appel à Patrick qu’il avait initialement rencontré lors des Jeux Franco-ontariens, et de fil en aiguille Éric Pitre (percussions) et Xavier Bélanger (basse), les deux autres membres de L’île du stylo, se sont également joints à la formation.

Chacun d’entre eux arrivant avec différentes influences, l’ajout de nouvelles recrues a inévitablement transformé le son du groupe.

Lors de son arrivée dans Règlement 17, Xavier s’est d’abord concentré sur l’apprentissage des morceaux existants, en respectant le plus possible l’esprit de l’album précédent. Toutefois, pour les nouvelles pièces, il a eu une liberté complète pour établir sa marque dans le son du groupe.

« J’ai vraiment eu carte blanche pour exprimer ce serait quoi mon style musical, pour apporter à l’identité sonore totale, explique Xavier, apporter beaucoup un côté progressif, plus raffinée… on pourrait dire le côté moins rock de l’électro-rock. »

Les membres de Règlement 17 tous attachés ensemble par des câbles pour brancher guitares et micros.

Règlement 17 - Crédit : Élise Desforges.

Un nom contestataire

On ne pouvait laisser partir les deux gars sans leur demander de nous expliquer la provenance de leur nom. Bien entendu, les Franco-ontariens se souviendront sans aucun doute de ce fameux règlement de 1912 qui limitait l’usage du français dans les écoles de la province. Mais pourquoi avoir choisi ce nom pour un groupe de rock?

« Le band a toujours eu un certain côté contestataire, explique Daniel, et quelle meilleure façon de contester que d’emprunter le plus infâme règlement qu’on a eu dans la dernière centaine d’années, d’emprunter ça comme nom de groupe finalement. »

Pour un groupe de rock francophone aux paroles engagées et dont la plupart des membres viennent du nord de l’Ontario, je dois admettre que l’idée du nom est tout à fait appropriée !