Le nouveau chapitre d'Aliocha

Son visage est familier et sa musique deviendra vite familière en tournant en boucle, rehaussant notre automne. Aliocha Schneider, qu’on a entre autres pu voir à l’écran dans Tactik et Aurélie Laflamme, entre maintenant sur la scène musicale d’un pas assuré. Avec un folk-rock langoureux, il nous invite à une rencontre intimiste : son premier EP qui verra le jour le 2 septembre. Sous le soleil montréalais, nous rencontrons l’auteur-compositeur-interprète sur une terrasse du Mile-End.

Photo de couverture : Aliocha.Toutes les photos sont de l'auteure.

« Je chante depuis que je suis tout petit. Ça a toujours été mon premier rêve, admet d’emblée Aliocha, fébrile devant l’agenda musical qui s’écrit pour lui. Des chansons, j’en écris depuis le début de l’adolescence, mais je n’aurais jamais obtenu le résultat que j’ai maintenant si j’avais sorti ma musique il y a cinq ans. »

Rencontre déterminante

Point tournant dans son désir de création, sa rencontre avec un Jean Leloup déterminé à lui faire enregistrer un album a permis aux étoiles de s’aligner, il y a cinq ans. « Quand il m’a convaincu que j’allais faire un album, j’ai commencé à avoir vraiment confiance en mes compositions », précise l’artiste.

Néophyte devant les procédés officiels de conception musicale, c’est définitivement le coup de main de Leloup pour produire des maquettes qui permet à Aliocha d’être signé par Audiogram. « Je ne savais absolument rien, avoue-t-il. Je ne savais pas que les arrangements, ça existait. Je pensais qu’on donnerait mes chansons à quelqu’un et qu’il ferait de la magie avec ça
[rires]. »

Aliocha, souriant, à la Buvette Chez Simone à Montréal

Aliocha.

En quête de LA rencontre

À Montréal, Paris et Los Angeles, Aliocha explore et tente de construire une base solide sur laquelle il pourra ébaucher les premières esquisses de l’album qui sera le sien. C’est avec Samy Osta (Feu! Chatterton, La Femme) que le match parfait survient. « Il a su me comprendre, lance l’auteur-compositeur. Je ne suis pas un arrangeur. L’essence d’une chanson, c’est tellement fragile. Tout ce qu’on ajoute à une chanson peut nous en faire perdre le sens. Ça prenait quelqu’un de sensible à ça. »

C’est donc avec Osta qu’il a enregistré plus de 20 chansons à Göteborg, en Suède, et dans les studios d’Osta à Paris. La première partie paraîtra sous forme de EP en septembre, alors que la suite, déjà prête, verra le jour en tant qu’album complet en 2017.

Avec des pièces intimes, Aliocha explique qu’il « parle toujours à quelqu’un » dans ses chansons. Les chansons écrites sur une période de cinq ans ne témoignent pas toutes du même état d’esprit, bien qu’elles soient principalement ébauchées autour des expériences émotionnelles vécues par Aliocha. « Il y a des chansons, écrites il y a longtemps, qui me semblent très naïves aujourd’hui, mais je les ai gardées, parce qu’elles sont belles grâce à cette naïveté. »

Présenter le résultat

Sur scène, les premiers contacts ont été positifs. La pression que le musicien s’inflige fait en sorte qu’il craint les erreurs devant le public. « J’ai beaucoup moins de pression en studio, où je peux me tromper, dit-il. Sur scène, les chansons sont tellement différentes. C’est comme quand tu écris un texto à ton crush et que tu le lis à ton ami après. Tu te rends compte que ça n’a pas de bon sens. C’est le même concept ici, on réinterprète la chanson et on peut avoir n’importe quel genre de réponse. »

Aliocha assis dans une ruelle de Montréal

Aliocha.

Si le cinéma et la télé ont occupé de grands espaces dans son agenda, le musicien souhaite désormais laisser le champ libre à la musique. « À partir d’aujourd’hui, la musique passe en premier, exprime-t-il. En tant que comédien, ça dépend tellement du projet. Si ça m’allume, je peux laisser de côté la musique pendant un moment, mais ma musique, bonne ou pas, c’est toujours moi, donc c’est difficile à délaisser. »

Plusieurs projets habitent Aliocha comme celui de réaliser son propre vidéoclip ou de créer de la musique de film. En attendant, il donnera quelques concerts à l’automne, dont un à Paris. Son EP sera lancé le 2 septembre au Cabaret de la dernière chance dans le cadre du Festival de musique émergente (FME) en Abitibi-Témiscamingue. Un second lancement aura lieu à Montréal, au Fonzie, le 8 septembre.