Les origines de Georgian Bay

Le duo folk mystique bilingue Georgian Bay est composé des multi-instrumentalistes ontariennes Kelly Lefaive et Joëlle Westman. Leur deuxième opus Patience, nommé pour le Prix Polaris 2016, est un EP de six pistes mettant en vedette leurs voix enchanteresses. Entre les pièces, des enregistrements de terrain et de courts interludes rehaussent l’ambiance de l’album, qui est à la fois éthéré et terrestre, comme le jardin d’Eden. Les harmonies planantes, les pulsations des cordes de guitare et de violon et les diverses textures ornementales évoquent la beauté du paysage canadien.

Photo de couverture : Georgian Bay. Crédit : Jen Squires.

PAYSAGE

Georgian Bay est un canton au centre-sud de l’Ontario, sur la rivière Severn qui se déverse dans la Baie Georgienne éponyme. Cette baie d’eau douce turquoise et scintillante est bordée de roche-mère rose-grisâtre et de plages de sable, le sol accidenté abritant une forêt de pins blancs. La contrée de Georgian Bay est une attraction naturelle pour les touristes voulant se baigner, canoter à l’archipel de 30 000 îles tout près, dormir à la belle étoile, et partager les sentiers boisés avec la faune environnante. Situé à seulement 3,5 heures de Toronto, Georgian Bay est un coin de paradis où l’on peut reconnecter avec la nature et retrouver un peu de sérénité.

C’est ce lieu paisible qui a inspiré le nom du duo musical de Kelly Lefaive et Joëlle Westman. Kelly a grandi à Georgian Bay et sa famille y vit toujours, tandis que la famille de Joëlle y laboure la terre depuis plusieurs générations. Kelly explique que, pour elles deux, Georgian Bay représente « le lieu où on retrouve un grand sentiment de paix ». Joëlle intervient en précisant : « la nature ».

« Ouais, ça ne doit pas être Georgian Bay spécifiquement, juste la nature, poursuit Kelly. D’ailleurs, c’est quelque chose qui nous unit sur un plan personnel. On apprécie passer du temps dehors; faire des randonnées et partir à l’aventure. On a toutes les deux grandi en campagne, et je pense que ça ressort dans notre écriture. »

Bien qu’elles affirment que leur prochain album en est au stade de développement et les concepts encore assez vagues, il est évident que Joëlle et Kelly ont déjà passé du temps à réfléchir au message qu’elles veulent envoyer à travers leur musique.

« En ce moment au Canada, il y a un mouvement qui veut définir notre place – par exemple, qu’est-ce que ça veut dire, la culture Canadiana ? Et de quelle façon, particulièrement en tant que femmes, est-ce qu’on s’y identifie ? Il y a un aspect mystique dans le féminin et dans la connexion qu’on a avec la nature. Cette intersection se ressent dans notre musique. »

Les deux membres du duo Geogrian Bay avec longs cheveux et longues robes vertes assises sur un arbre tombé dans la forêt

Georgian Bay. Crédit : Jen Squires.

LANGAGES

Pour notre entrevue, je parle avec Joëlle et Kelly par téléphone. Nous conversons en anglais puisque c’est la langue que les deux comprennent – Kelly est bilingue tandis que Joëlle est anglophone.

La composition dans les deux langues est un aspect important de leur expression musicale. C’est une façon de surmonter les limites de chaque langue, et elles travaillent ensemble pour déceler laquelle est la mieux adaptée pour communiquer le sens d’une idée. Plusieurs de leurs chansons sont un tissage poétique en français et en anglais.

RÉCIPROCITÉ

L’amitié de Kelly et Joëlle a commencé lorsqu’elles ont été placées ensemble dans un groupe de musique dans le cadre de leur programme de jazz à l’Université de Toronto, où Kelly étudiait le violon et Joëlle étudiait le chant. Après obtention de leurs diplômes Kelly a commencé à accompagner Joëlle dans son projet solo. Rapidement leur processus d’écriture s’est équilibré, et maintenant elles s’assurent de toujours écrire ensemble et, lorsque possible, dans la même pièce.

« Au début, c’était comme un jeu de catch, explique Joëlle, où j’envoyais mes idées de chansons à Kelly par Skype ou courriel, et si elle les aimait elle les développait. On a rapidement réalisé qu’on travaille super bien ensemble, et c’est en grande partie parce qu’on laisse toujours la chanson en faire à sa guise. Donc pour nous maintenant c’est vraiment 50/50 : l’une de nous a une idée pour un thème, on la partage avec l’autre, et ça devient un dialogue. »

« Pour nous, il n’y a pas vraiment de formule, à part qu’on passe généralement beaucoup de temps à parler de ce qu’on veut dire dans les paroles, illustre Kelly. En fait la musique nous vient plutôt naturellement, on passe plus de temps avec les mots. Surtout avec ce prochain album, on porte une attention spéciale à ce qu’on veut dire. »

Kelly et Joëlle de Georgian Bay, ensorcelantes debout sur un sentier dans la forêt

Georgian Bay. Crédit : Jen Squires.

PROCHAIN ALBUM

Patience a été enregistré en 2014, donc Kelly et Joëlle ont pas mal de nouveau matériel depuis. En janvier 2016, elles ont fait une retraite dans un chalet à Georgian Bay, où elles ont accompli une partie importante de l’écriture de leur prochain album.

« Je crois que nous pouvons dire que la moitié du concept de l’album est vraiment établie; il y a une forme qui émerge », affirme Joëlle.

« On a fait une liste de ce qui constituerait l’enregistrement de nos rêves, dévoile Kelly. Ça aurait une tonne d’instruments. Un p’tit aperçu : on pense à la harpe, à la pédale loop, aux sons électroniques. On aura définitivement des cordes, et aussi des cuivres; le cor français, ça me fait rêver. Gardez aussi une oreille tendue pour le banjo, la mandoline, le violon, la guitare électrique, et toujours la guitare acoustique. En plus, on va approcher quelques femmes qu’on admire et voir si elles veulent chanter sur notre album. »

Doucement, comme les eaux de la baie Georgienne, le duo forme son album. En attendant le lancement, on pourra les voir jouer le 5 mai au Théâtre de l’Alliance française de Toronto.

Georgian Bay sera ensuite en tournée plateau double avec le duo Moonfruits en mai et juin au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario. Retrouvez toutes les dates de la tournée via la page Facebook de Georgian Bay.