L’évolution du métal québécois. No Speed Limit (1964-1989) - Voyage au coeur du Québec

Le projet d’écrire un livre retraçant l’histoire du métal québécois a germé dans la tête de l’ancien chanteur de Neuraxis, Ian Campbell. Après plusieurs faux départs, ce qui devait être une encyclopédie à plusieurs têtes a fini par se concrétiser sous la plume seule du journaliste rock Félix B. Desfossés.

 

Affiche - No Speed Limit Weekend

En se concentrant sur les années 1964 à 1989 (un deuxième volume pour les années 90 est à prévoir), L'évolution du métal québécois. No Speed Limit (1964-1989) ratisse assez large. Il s’ouvre sur un chapitre cher à Desfossés, le yéyé. « C’est avec le yéyé qu’on a eu notre vraie révolution rock », note l’auteur, « car c’est le moment où l’instrumentation guitare – basse – batterie s’est cristallisée. Avant ça, il y avait de l’accordéon et de la ruine-babines partout. Et avec le yéyé sont arrivés toutes sortes d’éléments qui ont été essentiels pour la musique marginale en général, comme les cris, la distortion, les cheveux longs. »

Félix B. Desfossés s’étend aussi sur les styles limitrophes au métal comme le hard rock, le punk et le hair metal. On y parle des Sinners, de Plume, de Maneige et d’Offenbach, qui ont tous légué leur petit quelque chose au métal. Des rockers comme Aut’ Chose, on retient l’aspect particulièrement brutal qui caractérise le métal québécois. « Voïvod était une coche de plus violent que tout ce qui se faisait dans le monde! Le magazine britannique Kerrang! a dit de leur premier disque qu’il était incompréhensible tellement il s’en allait dans tous les sens », se réjouit-il.

La brutalité est l’un des deux aspects principaux qui distinguent le métal québécois, selon Félix B. Desfossés, qui s’est fait un plaisir d’inclure la scène hair metal, trop souvent reléguée aux oubliettes. « On avait notre propre style de hair metal, le heavy rock, qui est né parce que ceux qui jouaient dans les clubs étaient obligés de faire des covers de classic rock, et qu’ils se faisaient traiter de posers. On n’a jamais été très assumés dans le spray net, les groupes avaient tous une touche plus virile, plus rock. »Photo du groupe métal - DDT

L’autre caractéristique du métal québécois, c’est le fanatisme généralisé pour le rock progressif dans les années 70. « Ça a créé un niveau de virtuosité à atteindre pour les musiciens d’ici, et les structures progressives sont devenus la marque de commerce de Voïvod et de tous les groupes qu’ils ont influencés depuis - Gorguts, Obliveon ou DBC par exemple. »

Plutôt que de simplement dresser un historique du genre, L’évolution du métal québécois – No Speed Limit (1964-1989) est séparé thématiquement, dans des chapitres qui se déclinent en courts paragraphes sur des artistes ou des aspects précis. Ces morceaux finissent par dessiner un casse-tête digeste, aéré et rempli d’anecdotes. C’est ainsi que l’histoire redonne de l’importance à des événements particuliers qui ont changé le visage du métal et de la musique québécoise, par exemple l’envoi du démo de Voïvod à une liste de tape traders par le journaliste Wayne Archibald. On apprend à connaître les métalleux dévoués qui on fait beaucoup avec peu, ceux qui ont créé les premiers lieux où le métal pouvait s’épanouir – Maurice Richard, Michel Meese. « Je voulais voir les acteurs du mouvement et leur demander de me raconter leurs souvenirs. C’est une démarche de journaliste et non d’historien, et c’est pourquoi ça s’appelle L’évolution et non l’histoire du métal québécois », explique Félix B. Desfossés.

À cet effet, la communauté métal a généreusement participé avec ses archives, photos et souvenirs. « J’ai découvert des ostie de bon bands! » s’exclame Félix B. Desfossés. « Outrage, de Trois-Rivières, par exemple, qui sont les Motörhead du Québec, ou Vensor, qui étaient tellement chaotiques, tellement evil! » Félix B. Desfossés a dû travailler plus pour retrouver des acteurs qui s’étaient perdus dans la brume, par exemple Johnny Hart qui a créé le premier fanzine métal au Québec. « Le métal fait partie de notre identité musicale de manière super importante, et on sous-estime ça quand on raconte l’histoire du rock ou de la musique au Québec », conclut l’auteur de L’évolution du métal québécois – No Speed Limit (1964-1989), Félix B. Desfossés.

 

groupe métal - photo autographe

Lancements

3 octobre Salle Évolu-Son de Rouyn-Noranda avec Killitorous et B.A.R.F.
4 octobre au Bar billard l’Ad Hoc d’Amos avec Killitorous et B.A.R.F.
10 octobre à la Salle Unisson de Québec avec Soothsayer, Ancestors Revenge
11 octobre aux Katacombes de Montréal avec invités spéciaux Voivod
24 octobre Bar Le Magog de Sherbrooke avec Soothsayer