Party de sous-sol

Il y a quelques semaines, Guillaume exprimait son ouatefoque global face aux nominés de l’ADISQ.  Gardant fièrement ses 5 années de retard (plus ou moins deux) sur se qui se passe vraiment dans l’univers musical québécois,  l’ADISQ se fait depuis 2006, donner des petits coups dans le dos par le GAMIQ.  Pas méchamment, juste un petit rappel sans prétention que pendant que le premier nomine Mixania 2 pour son prix de spectacle de l’année, le second va, je le souhaite, le remettre à Philippe B, pour son extraordinaire prestation avec le Quatuor Molinari (aka un des meilleurs spectacles que j’ai vu de ma vie!).

Le GAMIQ, c’est le Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec, à ne pas confondre avec La Gamic, groupe rap de Québec cité qui a malheureusement eu un certain succès à la fin des années 1990.

Si je faisais une métaphore un peu vaseuse, et croyez-moi, je vais le faire,  les remises de prix du grand monde de la musique québécoise sont comme un gros party de famille.  Bien tranquille à la table des adultes, il y a l’ADISQ. Classique, prévisible, limite ennuyeuse.  Puis, dans le sous-sol, il y a le vrai party.  La table des jeunes.  Ça parle plus fort, ça niaise un peu, ça fait plus de dégâts : le GAMIQ.  Dans ses propres mots :

Le G.A.M.I.Q. est le Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec, un événement créé en 2006 pour souligner les meilleures parutions indépendantes de l’année. Avec un scrutin démocratique sans restrictions aux affiliations et ouvert en partie au public, le GAMIQ est le baromètre annuel de la santé musicale de la scène émergente du Québec.

Cette année plus de 70 artistes sont mis en nominations,  tous genres confondus, francophones comme anglophones (et plus dans le cas de l’Album World de l’année).  C’est la chanteuse Acadienne Lisa Leblanc qui mène le bal avec  six nominations, suivit d’Alaclair Ensemble avec cinq, puis  Half Moon Run, Grimes et Avec pas d’casque avec quatre.  Ces derniers étant les seuls nominés masculins dans la catégorie Auteur-compositeur de l’année, catégorie où il se frotteront à Caroline Keating, Lisa LeBlanc, Salomé Leclerc et les Sœurs Boulay.

Animé par le feu Cowboys Fringants domlebo, le gala aura lieu le 11 novembre prochain.  D’ici là, on peut voter pour ses favoris au http://gamiq.net, puisque contrairement à d’autres gala, le vote du public compte pour 50% et celui des professionnels de l’industrie complète le pointage.

En terminant, parce qu’ils le méritent tous plus que Kaïn (finaliste dans la catégorie Groupe de l’année à l’ADISQ), voici un petit « on est content pour », mettant en vedette les artistes mis en nomination dans la catégorie Artiste de l’année; exercice qui bien sûr n’engage que l’auteur de ce texte; et quiconque qui a le goût d’être content pour quelqu’un qui est nommé :

Alaclair Ensemble : Bien qu’il soit reparti avec deux prix l’an dernier (Découverte et Album Hip-Hop) le groupe autant que ces membres de façon individuelle a continué à inonder l’internet de musique aussi bonne que gratisse.

Philippe B : Depuis l’époque Gwenwed, je crois qu’il est un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus sous-estimés de sa génération.  Même si ça a l’air moins l’fun, il devrait passer à la table des adultes.

Lisa LeBlanc : L’Acadienne n’est pas seulement poussée par l’attrait de la nouveauté et de l’exotisme (aussi appelé phénomène Radio Radio), elle mérite tout ce qui lui arrive.

Avec Pas d’Casque : le groupe a produit un des meilleurs albums de 2012. Point.

Grimes : Quand ton année commence avec deux pouces en l’air du très influent (et un peu snob) Pitchforkmedia, un GAMIQ finirait bien le 2012 de  Claire Boucher.