Quiet Parade

Quiet Parade célèbre son évolution sur le mini-album Old Haunts; ce qui était un projet solo mené par Trevor Murphy (Sleepless Nights) est aujourd’hui un quintette en bonne et due forme.

"Ce fut naturel, lance Murphy. Au départ en 2007, les spectacles n’ont jamais été affichés en tant que Trevor Murphy & Quiet Parade. J’ai joué avec une panoplie de musiciens depuis mon tout premier concert, mais certains d’entre eux sont demeurés dans mon entourage. C’est ce qui donne le groupe tel qu’on le connaît aujourd’hui".

Après avoir exploré la sobriété des ambiances folk dans sa discographie, la parade silencieuse effectue un virage roots rock aux accents canadiana avec le réalisateur Daniel Ledwell (Jenn Grant). “C’est un des meilleurs musiciens et réalisateurs au pays”, souligne Murphy.

Le sentiment d’urgence de Old Haunts transcende la concision des cinq pièces. “Nous voulions encore travailler avec Dan. Il partait en tournée pendant trois mois, donc sa disponibilité était restreinte. Nous avons fait la préproduction et l’enregistrement en un mois. Ça semble être long, mais quand je fais un disque, le processus prend plus de temps. Cette fois-ci nous sommes partis de rien et en quatre semaines, nous avions un album près pour le mastering”.

Le groupe habite Halifax, mais possède des qualités rurales dans sa démarche artistique. Les textes sont façonnés par l’architecture et le brouillard de Yarmouth, la ville d’origine de Murphy. “L’édifice sur la pochette est le Old Grand Hotel de Yarmouth. Je pensais à cet endroit en me disant qu’il devait être hanté à une autre époque, puis ça m’a amené à réfléchir à l’idée des old haunts. C’était logique. Cet endroit est un old haunt pour moi”.

À l’écoute de Quiet Parade, ces vieux repaires prennent tous leur sens; le passé est amené à l’avant-plan (Ghosts), les villes se vident (Edge of the Ocean), la disparition sert de remise en question (Feel Young). Ce défilé discret évoque les départs, la nostalgie et l’abandon.

"Quand est venu le temps de nommer le disque, j’ai étudié les chansons de près. Elles évoquent les souvenirs, la peur, ce genre de thématique dont je parle tout le temps. Le contenu des cinq morceaux résume une partie de qui je suis. Elles sont de vieux repaires".

Trevor Murphy est un des cofondateurs de la maison de disques Acadian Embassy, avec le batteur Josh “Pinky” Pothier. En plus d’être un hommage aux origines acadiennes de son équipe, l’ambassade réunit des artistes qui partagent la même vision artistique, dont la formation post-rock Kuato. “C’est le meilleur groupe dans les maritimes, peut-être même au Canada”, affirme Trevor Murphy.

Cet ensemble instrumental est sur le point d’entrer en studio afin d’enregistrer un nouvel album. “Kuato est un secret bien gardé parce qu’ils ne sortent pas régulièrement, mais quand ils le font, on en entend parler. J’adore le post-rock et Kuato est au niveau des meilleurs groupes du genre”.

Ce printemps, Acadian Embassy lance (disambiguation), le premier album du producteur électro AA Wallace. “Pinky, Aaron (AA Wallace) et moi sommes allés à la même école secondaire et nous avons tous joué dans Sleepless Nights. Aaron est la première personne que j’ai rencontrée qui avait une table tournante. Il faisait de l’art rock au secondaire à l’époque où personne ne savait c’était quoi. Son projet électro s’inscrit dans une suite logique pour lui. C’est également le deuxième disque que nous lançons sur vinyle.”