Retour sur la 7e édition du Festival de l’Outaouais Émergent

Pour sa 7e édition, le Festival de l’Outaouais Émergent a choisi d’adopter une approche quelque peu différente. Parmi les principaux changements, notons une place plus importante faite aux artistes anglophones, mais également l’arrivée de têtes d’affiche plus connues du grand public.

Bien que les concerts proposés sur la scène principale aient rassemblé une brochette d’artistes fort intéressantes (Half Moon Run, Les Trois Accords, Caféine, Alexandre Désilet, Klô Pelgag, etc.), ce sont surtout les concerts hors site qui ont le plus attiré mon attention. Les prestations offertes à AXENEO7, un centre d’artistes et de la diffusion de l’art, ont particulièrement piqué ma curiosité. Retour sur 4 jours de festivités qui ont fait vibrer le Vieux-Hull!

Photo de Cargo Culte en spectacle.

Jeudi : Ça commence en force!

Sortie de bureau en vitesse; direction Vieux-Hull pour le 5 à 7 de lancement du Festival de l’Outaouais Émergent. Tout le « gratin » de la scène alternative du Vieux-Hull est réuni à AXENÉO7 pour l’ouverture des festivités. Même TVA et Radio-Canada y ont dépêché des équipes. Quelques discours et entrevues plus tard, on nous invite à passer dans l’une des salles d’exposition où Her Harbour offrira le premier concert de l’édition 2014 du FOÉ. Gabrièlle Giguère nous avait promis une prestation fort différente de celle offerte deux semaines plus tôt au Festival Arboretum, eh bien c’est promesse tenue! Le batteur en moins, c’est Pierre-Luc Clément qui s’occupe simultanément des percussions et de la guitare; mais surtout, c’est l’ambiance qui est différente. Le public, complètement absorbé par la musique, n’hésite pas un instant à s’asseoir par terre pour se laisser bercer par la voix de Gabrielle. J’ai rarement vu un public aussi attentif!

Quelques concerts plus tard, direction la rue Laval pour aller voir Cargo Culte au Troquet. La formation a littéralement mis le feu aux poudres! Plusieurs fans s’étaient déplacés expressément pour les entendre; ils ont bien rendu l’énergie lors de leur prestation. Une vraie bête de scène cet Éric Brousseau!

Photo de Philippe B en perfo acoustique.

Vendredi : Soir de tempête!

Juste avant le début de cette deuxième soirée, de violents orages se sont abattus sur la région, causant quelques pannes de courant ici et là, dont à AXENEO7 où devait se produire Philippe B! Qu’à cela ne tienne, ce n’est certainement pas ce qui allait l’arrêter! Changement de plan, les organisateurs nous dirigent dans une autre salle, beaucoup plus petite, mais qui a l’avantage d’avoir des fenêtres et donc de la lumière! Malgré une salle qui déborde, une partie de l’assistance trouve le moyen de s’asseoir par terre, sans doute pour affronter la chaleur typique d’une salle bondée. Philippe B et ses deux choristes ont semblé littéralement acculés au pied du mur dans cette petite pièce, face à un public avide de voir comment il s’en tirera. Le pari est plus que réussi. C’est un peu comme avoir Philippe B dans ton salon avec ta gang de chums. Silence total, guitare sèche, harmonica, deux choristes… c’est, il faut l’admettre, une expérience inoubliable!

Pour la fin de soirée, je me dirige vers Le Troquet (encore), pour y voir André Dédé Vander. Cette fois-ci, la place est bel et bien remplie, et le party est véritablement pogné. JFNo (Junkyard Dogs) monte même à quelques reprises sur scène pour accompagner de sa voix blues la gang de Vander. L’idée de me diriger vers le Petit Chicago à mi-concert pour aller voir Dominiq Hamel a rapidement pris le bord. Y parait que c’était ben bon, mais moi je devrai attendre une prochaine fois pour le voir!

Vander et JFNo en spectacle.
Samedi : J’abandonne définitivement l’idée de tout voir!

Troisième début de soirée à AXENÉO7… ça devient presque une habitude! Ce soir, c’est le duo Milk & Bone qui ouvre le festival. Comme bien des gens, j’avais écouté leurs deux pièces, New York et Coconut Water sur Soundcloud, mais je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai été littéralement charmé par Camille Poliquin et Laurence Lafond-Baulne, les deux protagonistes de la formation. Après avoir fait quelques premières parties ici et là, c’était la première fois que les deux filles offraient un concert complet. Très à l’aise sur scène malgré des compositions encore en évolution, elles ont interagi avec la foule tout au long de leur performance. Rigolant à un moment avec un enfant dans la salle; grimpant plus tard sur les speakers pour chanter accompagnées d’un simple ukulélé; ou soulignant à Guillaume Moffett, après l’avoir reconnu parmi la foule, qu’elles étaient de grandes fans de son Instagram; elles ont su créer un contact intime avec leur public. Leur musique? Simple et efficace! Deux synthétiseurs, parfois un drum électronic, le secret de la formation repose principalement sur leurs voix qui s’harmonisent à merveille et qui nous envoûtent tout simplement. Définitivement, ce fut mon coup de cœur du festival!

La Bronze et Charabia en spectacle.

Pour le concert de fin de soirée, le choix fut déchirant! Vander était de nouveau sur la scène du Troquet avec Bass Ma Boom Sound Système, pendant que Dead Obies était avec Alaclair Ensemble du côté du Bistro. Mais c’est finalement au Petit Chicago que je me dirige pour voir Charabia, formation de l’Outaouais. Avouant eux-mêmes que ça faisait un bon p’tit bout de temps qu’ils n’avaient pas joué devant un public festif, ils ont mis le paquet et la foule a bien répondu, en swignant jusqu’à la toute fin. À 10 minutes de la fermeture, le public en redemandait encore. Roland Locqueville s’est gentiment plié à ses désirs, même s’il n’avait plus de voix depuis plusieurs pièces déjà! Mais le clou de la soirée a sans aucun doute été lorsque La Bronze a fait une apparition-surprise sur scène pour chanter aux côtés de Roland.

Dimanche : Je déclare forfait!

Dimanche soir avait lieu la traditionnelle soirée de slam, en plus d’une autre série de concerts dans différents bars. Mais le Festival aura eu raison de moi… je ne me suis pas rendu jusque-là! Toutefois, une chose est certaine : l’édition de 2014 fut des plus réussies, et j’ai déjà hâte de revenir l’an prochain!