Shotgun Jimmie va au collège et au Nouveau-Brunswick

Avant d'inscrire l'entrevue de BRBR à l'horaire, le relationniste de Shotgun Jimmie s'assure de jeter un coup d'oeil à l'horaire universitaire de l'auteur-compositeur-interprète. En plein dans sa fin de session, Jim Kilpatrick de son vrai nom, lance Field of Trampolines, son cinquième album solo.

Photo de couverture: Shotgun Jimmie - gracieuseté.

Jimmie va au collège

« Ça va bien, je suis occupé, mais ça va, » affirme Shotgun Jimmie , qui balance sa carrière d'auteur-compositeur-interprète avec ses études en arts visuels dans une université du Manitoba.

Pour l'étudiant universitaire moyen, l'équilibre entre les études et la vie à l'extérieure des murs des salles de classe, demeure un distant idéal à atteindre. Jimmie y arrive en dévouant tout son temps à la création, sous ses formes musicales et académiques.


« Ce n'est pas très difficile, mais ça signifie que c'est la seule chose que j'ai le temps de faire. Je ne regarde pas la télévision, mais je travaille du réveil jusqu'à ce que je vais me coucher. Au moins, tout ce sur quoi je bosse est intéressant, excitant et invitant. »

Shotgun Jimmie lance ce printemps Field of Trampolines, un album dont le titre évoque la positivité légendaire du musicien en servant de métaphore aux lieux où l'on se sent bien. Ce sentiment imbibe les dix titres du disque, tout en servant de rappel que pour le principal intéressé, ce lieu euphorique demeure la musique.

« C'est la seule chose dans ma vie dont je suis une certain. Même si je m'intéresse aux arts visuels, je n'ai pas eu de moment où je me suis dit “je vais faire des tasses de céramiques pour le reste de ma vie.” Je n'ai pas le même sentiment d'euphorie légère avec les tasses, que celui que j'ai quand je donne un concert rock. »

Astronomie dominée

Les études universitaires apportent à Shotgun Jimmie une nouvelle façon d'approcher le processus créatif. En plus de porter attention au processus créatif des artistes qui l'entoure, il fut également exposé à l'influence de l'astronomie dans l'univers rock indé grâce à un cours sur le sujet.

« Tellement d'artistes s'en sont inspiré pour leurs titres de chansons et leurs paroles. Parfois le professeur parlait de quelque chose comme dark matter et je me disait, “C'est tiré d'une chanson de Pavement!”. J'imagine qu'ils ont dû suivre un cours similaire, » affirme Jimmie en riant.

L'influence universitaire transcende les influences; en étudiant des thématiques complexes, Shotgun Jimmie fut récemment attiré par les musiques plus accessibles.

« Je me suis mis au défi d'écouter des musiques moins complexes, comme le dernier album de Kurt Vile. C'est très simplifié, on dirait qu'il parle à quelqu'un. Ça m'impressionne. »

Le roi de Kreuzberg et Sackville

En début de compact, Shotgun Jimmie livre Join the Band, petite bombe qui sert à la fois d'invitation à joindre les rangs de ses partisans, tout en évoquant la suite de King of Kreuzberg, titre où il vante son attachement à la route.

« Au début d'une tournée, quand je m'installe en voiture, j'ai le même sentiment de familiarité et de détente que ce que je ressentais à une époque lorsque je rentrais à la maison. »

Pour lui, la maison existe un peu partout, car avant de déménager au Manitoba, l'auteur-compositeur avait comme chez soit Sackville, ville qui accueille annuellement Sappyfest. L'été dernier, le festival rendait hommage à son maire honorifique en lui confiant la tête d'affiche de la soirée finale de l'édition célébrant son dixième anniversaire.

Shotgun Jimmie debout sur une scène en champion.

Shotgun Jimmie en tête d'affiche du festival Sappyfest - Photo : JE Sheehy.

« C'est probablement le moment le plus important de ma carrière. J'ai de très grands sentiments envers Sackville. Ouf. J'aime vraiment cette ville. Peut être pas autant que jouer du rock'n'roll, mais c'est pas mal proche. Je m'ennuie de cet endroit énormément, mais cette ville sera toujours là et je vais pouvoir y retourner. »

En effet, Shotgun Jimmie rentre au bercail, pour une résidence de huit concerts du 9 au 16 mai au Thunder & Lightning, mythique bar et allée de quilles du centre-ville de Sackville.

« Cet endroit me rappelle vraiment le bar dans Peter Pan, où les garçons avec des oreilles d'ânes fument des cigares et jouent au billard. Il n'y a pas de table de billard, tu ne peux pas y fumer et personne n'a des oreilles d'âne, mais cet endroit évoque cela. C'est un peu comme passer le temps dans une oeuvre d'art, ou comme si l'esprit de Sappyfest fut distillé dans une consommation que tu peux commander au bar. »

S'il affirme avoir de la difficulté à expliquer l'ambiance du Thunder & Lightning, Jimmie n'a aucun doute; il a hâte à cette résidence en mai.

« Pendant huit jours, je vais pouvoir prétendre habiter encore à Sackville. »

Les liens à la région occupent une place importante au coeur de Field of Trampoline; Jimmie rend hommage à ses amis des groupes Attack in Black, Eric's Trip et Constantines, dont certains des membres ont élu domicile à Sackville à un moment ou un autre.

Pochette du disque Field of Trampolines de Shotgun Jimmie : un globe de couleur jaune, blanche et bleue.

Field of Trampoline - Pochette : gracieuseté.

« Je connais pas tous les membres d'Eric's Trip, mais je connais Julie [NDLR : Doiron, bassiste et chanteuse du groupe] vraiment bien et je l'aime, mais j'aime également la musique de ce groupe. »

En plus de rendre hommage à son amitié avec les membres du quatuor néo-brunswickois, Jimmie a voulu s'inspirer de l'esthétique d'Eric's Trip.

« Je chante au sujet d'un sous-sol où on joue de la musique, car ils ont enregistré dans cette pièce. Le traitement sonore et écrit de cette chanson évoque le groupe. J'ai voulu trouver la rhyme parfaite, mais aussi le sentiment exact pour joindre ces deux éléments, comme le fait Eric's Trip. »

Sur Field of Trampolines, une influence s'impose; celle du courant power pop, mise de l'avant par les membres de Human Music de Winnipeg, qui agissent en tant que groupe accompagnateur.

« Je ne sais pas si nous avons une chimie musicale idéale sur ces chansons avant tout grâce à notre chimie humaine, mais pour moi l'amitié compte avant l'esthétique musicale. »

Human Music apporte un superbe équilibre entre ces deux aspects avec leur compréhension des codes de la power pop. À ce sujet, Shotgun Jimmie avoue s'être inspiré des premiers disques d'Elvis Costello.

« Il y a des similarités entre lui et moi. Nous sommes tous les deux des goofs, » rigole-t-il.

Field of Trampolines, disponible via You've Changed Records. Shotgun Jimmie, en tournée canadienne du 19 mai au 24 juillet.