Death Valley Driver - Carnivore's Oath

En six ans, les insulaires Death Valley Driver sont devenus une force redoutable sur la scène métal des Maritimes. En plus de bénéficier d'une solide expérience scénique, le groupe originaire de Charlottetown a su tirer profit des occasions qui lui ont été offertes, profitant même d'une participation à la soirée Rock The Hill 2011, à Halifax, avec Metallica comme tête d'affiche. Avec Carnivore's Oath, Death Valley Driver sort de sa zone de confort en affichant son désir de conquérir le vaste marché des musiques lourdes au pays.

 

D'abord, Death Valley Driver s'est adjoint les services du réalisateur Colin Buchanan, connu en tant que guitariste de la formation pop indé Papier Lions. Plutôt que de ploguer le groupe dans des amplis à reverb, Buchanan soutire les qualités mélodiques des quatre chansons de Carnivore's Oath. Grâce à la précision de la réalisation, le EP prend des airs de carte de visite sérieuse pour Death Valley Driver. Colin Buchanan n'est pas pour autant le Bob Rock de Death Valley Driver, car il ne dénature en rien la lourdeur du groupe. Bel exploit, particulièrement car le mastering fut assuré par Dan Weston, dont le curriculum vitae affiche les noms de City & Colour et Classified.

 

En guise d'ouverture, Coven of Ash s'inscrit dans les plates-bandes sudistes dans laquelle opère Death Valley Driver. Le groupe mise sur l'assurance et la confiance, livrant les riffs les un après les autres avec constance et pesanteur. C'est d'ailleurs à titre de véritable à riff que le quatuor se lance dans Drowning in Silver, en alliant son instinct sludge et un métal plus traditionnel. Plutôt que de se relâcher en montant le tempo, la machine Death Valley Driver frappe aussi fort que lorsqu'elle fonce en terreau stoner rock, particulièrement grâce au chant guttural de Dan Hodgson.

 

Si le riff principal de la pièce-titre pourrait très bien provenir du classique Paranoid de Black Sabbath, le rock stoner de Death Valley Driver est bien allumé, profitant même de la finale pour monter son intensité déchaînée d'un cran. L'influence de Black Sabbath est omniprésente au long de Carnivore's Oath pour notre plus grand plaisir, mais cela n'emprisonne pas Death Valley Driver, tant le groupe est en maîtrise de ses influences et de ses riffs. D'ailleurs, en conclusion au EP, le quintette groove à fond avec la vitesse et l'esprit de Pantera, avant de s'éteindre avec tout le poids dont Death Valley Driver est capable. Bing, bedang, paklow, drette dins dents.

 

Plutôt que de se restreindre avec la rigidité des sous-genres du métal, Death Valley Driver donne à ses chansons la chance de rivaliser avec ce qu'il se fait de mieux dans la confrérie des musiques lourdes au Canada. À défaut de prêter une quelconque intention commerciale aux insulaires, il faut souligner l'efficacité de la formation et son désir de passer à la prochaine étape, sans regarder en arrière. Bien que Carnivore's Oath ne sert que d'avant-goût, Death Valley Driver peut dire que c'est mission accomplie à ce niveau.