Jacquemort - La montagne de feu

Thomas Augustin avait profité d’un trou dans l’horaire de son premier emploi (claviériste chez Malajube) pour mettre Jacquemort sur la map, en 2007.  Le EP Dent de lait avait connu un bout de succès à l’époque. Il me semble, du moins, j’ai souvent écouté la pièce Biscuit Chinois, donc c’est un peu un succès je crois. Augustin profite cette fois d’un autre hiatus indéterminé de Malajube pour réunir les Jacquemort et lancer un premier album complet.

C’est certain que la parenté avec Malajube est assez présente autant dans les thèmes que dans le ton, mais on est loin de la copie ou de l’essai. D’ailleurs, si on parle beaucoup d’Augustin vu la notoriété de son autre projet et ici, en sa qualité de frontman, il ne faut pas négliger qu’il est ici appuyé par des musiciens qui ont pas mal d’accords derrière la cravate, venus d’horizons musicaux très variés.  Rémy Nadeau-Aubin, Julien Michalak, Julien Bakis et Melissa Di Menna ont officié chez The Hot Springs, Bateau Noir et Meta Gruau. Jacquemort travaille une pop aux attaques moins frontales que ses cousins,  plus en douceur et en enrobage, plus progressive et planante. En ce sens, il faut aussi souligner la présence de Jace Lasek des Besnard Lake derrière la console de mix. Les Besnard Lake ayant aussi ces constructions musicales progressives, Lacek a réussi à appliquer à Jacquemort, la recette développée pour ses propres projets.

Beaucoup trouveront que ça sonne comme l’autre groupe d’Augustin sans l’être complètement.  Mais devine quoi? Ce n’est pas du Malajube. Si on prend Jacquemort pour ce qu’il est, sans le comparer avec tout ce qui vient avec, c’est un très bon album pop-rock sombre et beau.