Metric - Pagans in Vegas

Le groupe torontois Metric dévoile ce vendredi son sixième album studio, Pagans in Vegas, qui met de côté les influences rock pour laisser voir une nouvelle facette new wave très claire.

Ça fait presque vingt ans que la formation canadienne d’Emily Haines et Jimmy Shaw roule sur les rails de la scène Indie. Après une année sabbatique, Emily et Jimmy ont réalisé que ni l’un ni l’autre n’avait réellement cessé de travailler sur des chansons.

Pagans in Vegas est le résultat du travail musical de Jimmy Shaw, auquel Haines a ajouté des paroles. Un second projet, la suite de Pegans in Vegas, est prévu en 2016 pour nous laisser entendre ce qu’Emily Haines a concocté durant ses vacances.

Virage 180 degrés

Si Synthetica (2012) prenait un virage serré vers le synthé, c’est ici que l’on abandonne ce qu’il restait des sonorités plus rock. Ouvertement inspirées par Joy Division et Depeche Mode et à l’exception de quelques-unes qui sortent du lot, les pièces de Pagans in Vegas sont rarement originales.

Les textes très rudimentaires ne laissent que très rarement percevoir l’unicité de la voix d’Emiliy Haines qui peut normalement se faire à la fois entraînante et poignante. Elle est ici moins nuancée et on sent qu’elle tente de se fondre au moule des ambiances musicales déjà conçues.

Amenant un chant plus saccadé à l’ensemble pour se coller aux rythmiques de Jimmy Shaw, Emily Haines perd quelque peu le charme de l’introspection dans laquelle réside la grande force du groupe.

Les 4 membres du groupe posant sur un fond gris. Photo en noir et blanc

Metric - Crédit Photo : Alysse Gafkjen

Textes génériques

Le propos des chansons n’est pas ce qui interpelle en premier et c’est probablement la plus grande différence avec le Metric actuel et le Metric d’avant. La cohérence entre les rythmiques et les sujets traités est le plus grand élément manquant sur ce sixième opus.

Lie Lie Lie est un morceau qui se veut féministe, dénonçant les bassesses que l’on demande aux femmes pour qu’elles deviennent célèbres :

Knowing all the questions no one wants to ask themselves
Naked in the movie, make her the director's pet
Your mother and your father wanna see you on the TV set
Everybody told her 'take whatever you can get 

C’est réussi, mais ça aurait pu être poussé tellement plus loin.

Quelques morceaux dévoilés en amont sont radiophoniques et accrocheurs, comme The Shade et Too Bad, So Sad. Peut-être suis-je nostalgique de Fantasies (2009), mais je crois que le dosage judicieux entre le synthétiseur et la guitare était une force indéniable de Metric à cette époque, tout comme plusieurs de leurs pièces interprétées de façon acoustique.

Tempête dans un verre d’eau

Ayant créé un buzz autour de la sortie du nouvel album, entre autres en lançant une application mobile le mois dernier, Metric démontre une certaine fierté à avoir changé de cap, à s’être métamorphosé. Toutefois, ce n’est pas forcément pour le mieux et la forme du produit ne se distingue pas du tout. La suite prévue en 2016 se veut en complète opposition au travail entendu ici.

On aura probablement droit à un retour aux textes émotifs sur une composition plus minimaliste. On se croise les doigts.