Millimetrik - Lonely Lights

Millimetrik, DJ originaire de Québec, offre un septième album qu’on verrait s’inscrire hors du temps. Ce n’est pas qu’il s’agit d’un chef-d'œuvre à tout casser, mais Pascal Asselin, de son vrai nom, réussit plutôt le pari d’offrir un album riche, aux sonorités diverses, à la fois intemporelles et majestueuses.

Profondément lumineux et nocturne, Lonely Light offre une déambulation dans un univers florissant et sans prétention. La musique électronique réalisée ici est d’une incroyable clarté ainsi que d’une méticulosité chirurgicale et organique. Même si elle semble étudiée, elle est d’une fluidité étonnante et prenante.

La musique de Millimetrik est qualifiée d’IDM (Intelligent Dance Music), en plus de faire bouger et danser. Il y a une recherche musicale indéniable sous les pistes. Cet album s'écoute tranquillement avec un verre de vin, la nuit, chez soi, ou même avec un café, un beau dimanche matin sur une terrasse et même encore avec une bière, dans les rues de la ville, avec des amis.

Le but de cet album était justement d’offrir une déambulation onirique et nuptiale dans une mégalopole inventée. Ça se comprend dans les titres, par exemple sur la merveilleuse piste qui ouvre l’album Charles Tisseyre à Kowloon Walled City, ou Métaphores/mégalopoles (avec Sun Glitters feat.Sara) et Mystère Xi'an. Il y a du house, du dance, du hip-hop, du dubstep et toujours beaucoup de musicalité qui crée des ambiances, des rythmes inventifs, du groove, des bidouillages progressifs superposés, mais jamais harcelants ni grinçants. Ça coule comme de l’or.

On sent l’influence revendiquée de Boards of Canada qu’on peut reconnaitre sur La Fabrique Des Impossibles et sur la seule piste avec des paroles Le temps qui passe, le temps qui meurt, le temps qui s’écrit avec Jocelyn Pelletier.

Autrement on reste dans l’onirisme. Lonely Lights est une trame sonore pour l’insomniaque, amateur d’électro.