OURI - Maze

 

La productrice et compositrice d’adoption montréalaise Ouri propose un premier EP fort prometteur. Intitulé Maze, le mini-album mélange avec doigté et finesse des rythmiques saisissantes, des basses prenantes et des synthés planants, appuyés par des voix feutrées qui leur donnent de la profondeur.

Originaire de Paris, où elle a appris à jouer de la harpe à un très jeune âge et, quelque temps après, à manier le violoncelle dans un conservatoire, Ouri s’est installée dans la métropole québécoise en 2009, avant de commencer, trois ans plus tard, des études en musique électronique à l’Université de Montréal.   Côtoyant le producteur house minimaliste CRi, l’artiste qui se dit influencée par des avant-gardistes comme Flying Lotus et James Holden, a tranquillement pris sa place sur la scène électro montréalaise, collaborant notamment avec le groupe rap Dead Obies et l’étoile montante Compton Chic.

Un premier pas officiel 

Forte de toutes ses influences et rencontres, elle se lance maintenant officiellement avec Maze.   En ouverture, la pièce-titre est plus ou moins représentative de la direction musicale du mini-album. Débutant avec des sons de harpe, elle met de l’avant un rythme direct, brut et rapide, qui détonne avec les lueurs atmosphériques ponctuées de notes subtiles de house. Même si elle contient un nombre de couches sonores considérable, la pièce demeure minimaliste dans son approche, et les élans accrocheurs se font plutôt rares.

Plus enivrante, la suivante Surreal nous amène vers des horizons plus vaporeux et paisibles, à la dimension onirique. Les synthés s’empilent avec une belle constance et contribuent à édifier l’envoûtante progression élaborée avec soin par Ouri, dont le travail rappelle directement l’excellent mais encore trop sous-estimé EP Oda de CRi.

Du renfort solide

Son fidèle comparse lui vient d’ailleurs en aide sur Carae, de loin la pièce la plus dansante et accessible de l’œuvre. Avec sa basse plus pesante, son rythme entraînant et ses voix éthérées qui forgent doucement la mélodie, la chanson dévoile la complicité entre deux artistes au sommet de leur forme.

On plonge ensuite dans une house épurée sur Virgins, qui mise sur des expérimentations rythmiques bien ficelées et des synthés plus bruts, moins léchés. Le côté soul d’Ouri se laisse un peu plus entrevoir, notamment sur le plan des voix discrètes et chaleureuses qui s’entrelacent sans toutefois prendre trop d’espace.

Puis, on retourne aux vapeurs oniriques sur Broken Spheres, chanson aux teintes dream pop et aux instants cinématographiques absorbants. Les douces notes de piano, qui guident la grande majorité de la pièce, sont magnifiées par des couches de synthés prenantes.

On termine l’apaisant voyage avec les élans plus jazzy de Sugar Belly. Les percussions organiques plutôt élémentaires qui rythment la pièce contrastent avec l’ambiance atmosphérique forgée par les différentes lignes mélodiques.

Simplement beau

L’ensemble est beau, tout simplement. En un seul mini-album, Ouri a réussi ce que plusieurs mettent des années à finalement dévoiler : un son limpide et complexe, qui évite la surcharge. Le travail de dépouillement, qui s’en tient la plupart du temps à l’essentiel, évoque des émotions brutes et intègres, qui s’adressent autant à la tête qu’au cœur.

Maze doit maintenant trouver écho auprès du public.