Shad - Flying Colours

Sur son quatrième album, Flying Colours, Shad pousse plus loin ce qu’il avait proposé auparavant en donnant beaucoup de place aux productions musicales afin d’offrir son meilleur album en carrière.

Sur Intro: lost, la première phrase de l’album “Warmest wishes to those who chose to visit the show” démontre bien l’esprit inclusif auquel on a droit tout au long de l’œuvre. Cette pièce est sertie de percussions qui explosent de partout, des cris, de la guitare, du synthé, mais aussi beaucoup d'artistes invités - lire ici, des featurings (Lisa Lobsinger, Kamau et K-OS) - ce à quoi Shad ne nous avait pas habitués. Pourtant, aucune des collaborations se retrouvant sur la moitié des douze pièces de l’album ne semblent forcées étant toutes bien intégrées témoignant d’un travail de collaboration entre amis.

Bien que Shad fasse un rap engagé, le rappeur arrive à bien imager et à trouver les bons mots pour informer son auditeur sans le brusquer. Sur Fam Jam (Fe Sum Immigrims),  le Kényan d’origine illustre le parallèle entre l’immigration et la réalité des Premières-Nations en utilisant un sample de la pièce Otis de Jay-Z pour construire son refrain.

Ailleurs, les rapports entre humains sont abordés sur Remember To Remember, pièce sur laquelle nous retrouvons la chanteuse canadienne Lights qui nous chante avec grande beauté une partie du refrain.

Shad ne tient rien pour acquis; avant d’entamer un épilogue de presque sept minutes, il offre Thank You qui sert d’ode entre autres à la musique, à ses amis, à son appartement et à ses fans. Un peu comme si le rapper se disait que Flying Colours pourrait s'avérer son dernier album.

Avec Flying Colours, Shad prouve qu’on peut faire du rap engagé et qu’on n’a pas à parler de drogue ou d’objectifier les femmes pour être attrayant. Il offre un album actuel qui convainc dès sa première écoute, mais qui gagne à être écouté et réécouté puisqu’on y découvre toujours des trésors cachés.

4,2 / 5