Toast Dawg - Brazivilain Vol. 2 : Revisité

Après avoir offert un étonnant Brazivilain vol. 2, élaboré avec beaucoup d’audace à partir d’échantillons brésiliens aux résonances funk et rock psychédéliques, le producteur hip-hop montréalais Toast Dawg nous refait le même coup que l’an dernier en proposant une toute nouvelle version de son œuvre. Concluant, Brazivilain Vol. 2 : Revisité est revu par des rappeurs québécois talentueux qui, généralement, réussissent à s’imposer face à des structures de chanson atypiques, pas toujours faciles d’approche. Tour d’horizon, chanson par chanson.

Pow Wow

L’ambiance mystérieuse et un peu inquiétante qui amorce la pièce se transforme totalement lorsque Yes Mccan s’amène avec son flow rapide et précis qui, somme toute, s’avère plus classique et conservateur que ce qu’il nous a déjà proposé avec Dead Obies. Multipliant des rimes parfois un peu vides, heureusement rehaussées par une verve à tout casser, le rappeur rappe avec intensité sur une rythmique incisive.

Deep Breath Transit

Au lieu de faire appel à des producteurs de la relève pour remixer ses pièces, comme il l’a fait sur le premier volet Revisited, Toast Dawg propose des extensions à ses productions initiales. Sur ce premier interlude aux tons placides, qui clash avec l’ambiance instaurée sur Pow Wow, il donne une place considérable aux échantillons de percussions brésiliennes.

 All Good

On poursuit sur une voie chaleureuse avec KenLo, qui signe un texte plein d’optimisme. Avec sa soul habituelle dans la voix, le rappeur et chanteur offre un refrain un peu répétitif qui,  malgré la structure vacillante sur laquelle il doit se poser, s’avère accrocheur.

At Night Transit

Voilà une excellente incursion néo-soul, combinée à un rythme trap solide, bien échafaudé.

Savoir

La rythmique trap percutante sied à merveille à Loud Lary Ajust ici. Malgré des refrains un peu trop longs, qui s’apparentent à des clins d’œil pas toujours très réussis à Drake, les rappeurs livrent des flows rapides et impressionnants. On regrette toutefois une surabondance d’effets sur leurs voix.

Steps Transit

Dawg retourne à des tons plus tranquilles, moins ardents. Les bruits d’oiseaux sont TRÈS réussis.

Tout seul

Sur une mélodie jazzy assez classique, Koriass se confie sur sa solitude et propose ainsi le texte le plus personnel de tout l’album. Confronté à une structure atypique aux dénivellations progressives, le rappeur tient la route, mais se voit légèrement enterré par une production surchargée en deuxième partie.

C’est d’ailleurs là que réside le risque de poser sa voix sur des compositions instrumentales déjà finies en soi.

Fevereiro Transit

Dans un deuxième volet de Brazivilain qui s’écarte de la musique brésilienne typique, cet interlude fait classe à part.

Johnnés

Toujours aussi efficace, le duo Jam & P.Dox arpente avec une belle folie une production sci-fi aux mouvances expérimentales. En faisant allusion aux effets de la drogue, les deux rappeurs s’adaptent très bien aux lueurs psychédéliques qui composent la pièce.

Fim Transit

Avec son inspiration funky minimaliste, cet interlude s’avère le plus réussi d’entre tous.

Feelin’n Light

Forte d’une production relativement moins chargée que la plupart des autres, cette chanson met en valeur un Waahli égal à lui-même et un Toutankarton philosophe, qui fait preuve de plus d’audace qu’à l’habitude au niveau du flow.

L'album

Au final, Brazivilain Vol. 2 : Revisité réussit sa mission première : mettre en lumière le travail d’un des plus grands producteurs hip-hop de la province qui, sans l’aide de rappeurs déjà établis sur la scène, n’obtiendrait pas toujours un succès à la hauteur de son talent.

Photo en noir et blanc de Toast Dawg assis, la tête baissée, qui fait un petit sourire.

Crédit : Courtoisie Toast Dawg / Bandcamp